24 janvier 2007
Les jeunes chiraco-villepinistes persistent et signent
Compte tenu du succés de la première réunion organisée le 14 janvier dernier au Pavillon Baltard et après les retombées médiatiques qui ont suivi, les Jeunes pour la Vème République remettent le couvert le dimanche 28 janvier 2007. Soyez nombreux à les rejoindre pour soutenir leur action et appeler à l'émergence d'une candidature alternative au sein de la droite républicaine pour l'élection présidentielle de 2007.
19 janvier 2007
Les convictions de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle... de 1995
Il y a douze ans, Nicolas Sarkozy parlait déjà de "La France d'après". Problème... il clamait haut et fort qu'elle ne serait pas différente de la France d'avant.
C'était en 1995, le 30 janvier très exactement. L'émission "La France en direct" est, ce soir-là, entièrement consacrée à Nicolas Sarkozy, porte-parole du candidat Edouard Balladur et Ministre du Budget. Questionné par Jean-Marc Lech, co-Président de l'institut de sondages Ipsos, au sujet de la victoire de Forza Italia, celui qui promet aujourd'hui "la France d'après" y fait déjà allusion… Mais pas exactement dans les mêmes termes. "Ensemble tout devient possible", en 1995, Nicolas Sarkozy n'y croit pas. Marianne2007.info a retrouvé l'extrait de cette émission dans les archives de l'INA et vous propose un verbatim mémorable. L'extrait pertinent survient dans le dernier tiers de cet extrait disponible sur le site internet de l’INA, soit presque six minutes après le début de l'émission. Nicolas Sarkozy y déclare : "Je ne crois pas aux hommes providentiels. Je n'y crois pas. Je suis aux cotés d'Edouard Balladur, je l'aiderai de toutes mes forces, mais je n'ai pas aimé, dans la campagne de Forza Italia, cet élément qui consiste à dire « Italiens donnez-vous à moi », « il suffit de m'élire et tout ira bien », je n'y crois pas. Je crois que, jamais, les 58 millions de Français n'ont été aussi vigilants, aussi informés, aussi lucides, aussi conscients. Et on sait parfaitement bien que ce n'est pas vingt-neuf ministres autour d'un Premier ministre, que ce n'est pas un nouveau président de la République qui changera tout. Un mot, si vous permettez : rien ne ressemblera plus à la France d'après l'élection présidentielle, que la France d'avant. Et j'aimerais que nous apprenions à avoir la politique modeste. Qu'on arrête de dramatiser à ce point les enjeux".
Ainsi, en deux phrases, Nicolas Sarkozy, réussissait en 1995 à contredire son slogan de campagne de 2007 "Ensemble tout devient possible" (« ce n'est pas un nouveau président de la République qui changera tout ») et le slogan de l'UMP "Imaginons la France d'après" (« rien ne ressemblera plus à la France d'après l'élection présidentielle, que la France d'avant ») !
Anna Borrel - Marianne 2007.info - Vendredi 19 Janvier 2007
11 janvier 2007
Le soutien d'Alain Juppé à la loupe
Sur son blog-notes, Alain Juppé a publié, le 9 janvier, une contribution dont le titre, "Pourquoi je soutiens Nicolas Sarkozy", nous laisse sur notre faim. Bien entendu, la position de l’ancien Premier Ministre de Jacques Chirac est tout à fait respectable mais, malgré toute l’admiration que nous vouons à Alain Juppé, certains passages de son message nous semblent loin d’être convaincants lorsqu’on les compare avec les propos ou les actes du Président de l’UMP. Aussi, c’est avec beaucoup de déférence que nous relevons quelques incohérences dans ce message de soutien auquel nous nous permettons, en toute amitié, d’ajouter nos propres observations.
(…) J’ai envie d’exprimer moi-même, et d’entendre de la part des candidats, un certain nombre d’idées auxquelles je crois. Et d’abord l’amour de la France. De ce qu’elle est, de ce qu’elle doit demeurer. Je crois à la vertu de fidélité, y compris chez les peuples (côté fidélité, il est vrai que Nicolas Sarkozy a fait ses preuves. Alain Juppé a t-il oublié la campagne présidentielle de 1995 ? Sans parler des incessantes critiques distillées par Nicolas Sarkozy depuis 2002 et visant à la fois le Président de la République et le Gouvernement… auquel il appartient pourtant ?)
Je crois en une France fidèle à elle-même. Fidèle à son histoire, à sa culture, à sa langue, à ses valeurs (…) (la discrimination positive fait elle-partie des valeurs qu’évoque Alain Juppé ?…).
Fidélité de la France encore à sa vocation européenne et internationale : faire entendre une voix libre, qui parle de paix, de coopération, de développement, de justice, de gouvernance mondiale plutôt que de confrontation ou de coercition. (…) (bel hommage à la politique étrangère de la France telle que l’a conduite le Président Chirac depuis son élection et dont le point d’orgue fut certainement l’intervention du Ministre des Affaires Etrangères - … un certain Dominique de Villepin - à l’ONU, le 14 février 2003, défendant, avec courage et conviction, la position française contre l’intervention militaire américaine en Irak).
Voilà quelques-uns des sujets dont j’aimerai voir débattre les candidats à la prochaine élection présidentielle.
Dans ma famille politique, Nicolas Sarkozy s’est déjà exprimé sur certains d’entres eux. J’ai partagé plusieurs de ses analyses ou de ses projets (…) Il lui appartient maintenant de préciser son projet présidentiel, par exemple : sur le fonctionnement de nos institutions (on sait déjà que le futur candidat soutenu par l’UMP souhaite dénaturer la philosophie du régime institutionnel voulu par le Général de Gaulle), sur le nécessaire effort de défense de la France (on se souvient de la confrontation entre Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense, et Nicolas Sarkozy lorsqu’il était Ministre de l’Economie et des Finances, sur les arbitrages budgétaires en faveur des armées… et qui avait valu une mise au point cinglante de la part du Président de la République lors d’une de ses traditionnelles interventions du 14 juillet : "je décide, il exécute") ou sur la spécificité de sa politique étrangère (que Nicolas Sarkozy s’est permis de qualifier "d’attitude arrogante" lors d’un voyage aux Etats-Unis).
Le choix d’un candidat, c’est le choix d’un projet. C’est aussi le choix d’une personne. Je connais bien Nicolas Sarkozy, depuis longtemps. Je connais ses forces et ses faiblesses, comme il connaît les miennes. J’apprécie sa capacité d’agir. Il en a fait la démonstration depuis 2002. C’est un atout majeur pour conduire une grande Nation dans un monde turbulent. Il y faut aussi la capacité de rassembler (recueillir le plébiscite de 300.000 militants n’est certainement pas une preuve de la capacité à rassembler les français dans leur diversité et jeter à la vindicte populaire certaines catégories – les juges, les "patrons voyous", les jeunes, les fonctionnaires – ne correspond pas à l’esprit de responsabilité qui doit prévaloir lorsqu’on veut accéder aux fonctions suprêmes), qui implique le refus de toute forme d’intégrisme (à entendre les commentaires des porte-flingues du Ministre de l’Intérieur, on se demande si ça ne ressemble pas, parfois, à de l’intégrisme), le sens de l’écoute et le respect du point de vue d’autrui (Michèle Alliot-Marie a pu apprécier cette capacité à accepter les divergences de vues lorsqu’elle s’est faite huer par les cadres de l’UMP lors d’un bureau politique ou par les militants sarkozystes au cours d’un forum régional). Nicolas Sarkozy veut et peut rassembler (comme quoi, vouloir n’est pas toujours pouvoir...).
Le temps du débat interne à notre famille politique est maintenant clos (mais ce débat avait-il déjà été ouvert ?). Comme je l’ai affirmé à plusieurs reprises, ces dernières semaines, seul Jacques Chirac, du fait de sa fonction, ne saurait être tenu par des procédures de parti. S’il choisissait d’être candidat, une situation nouvelle serait alors créée, qu’il appartiendrait à chacun d’analyser (Ouf ! Tout n’est donc pas plié. Il existerait donc une vie politique hors de l’UMP. C’est rassurant).
Pour l’heure, l’UMP va se prononcer. Pour ma part, et pour les raisons que je viens de dire, j’ai décidé d’apporter mon soutien à Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé – Blog Notes du 9 janvier 2007
25 décembre 2006
Ségo m'a dit...
Encore une petite promo pour un site que nous aurions pu classer dans la rubrique "humoristique" s'il ne s'agissait de la retranscription des propos, souvent incohérents et parfois contradictoires, tenus par celle qui brigue la Présidence de la République sous la bannière du Parti Socialiste. Vous l'aurez compris, il s'agit d'une compilation des meilleurs extraits des discours ou interviews de Ségolène Royal que vous pouvez désormais retouver sur le site "Ségo m'a dit..." Risible... mais inquiétant aussi. Ci-dessous, la preuve par l'exemple.
15 décembre 2006
Erreurs de casting en série
En voulant attirer à lui des vedettes du show-biz venues d'horizons différents, Nicolas Sarkozy avait certainement voulu compléter un plan de communication déjà bien échafaudé. Malheureusement, et malgré le nombre pléthorique de conseillers qui gravitent autour du Président de l'UMP, il semblerait que son Directeur de casting se soit un peu vautré dans ses derniers choix. Nous passerons rapidement sur Doc Gynéco dont la presse a rappelé les paroles de certaines chanson qui invitaient à la violence contre les forces de l'ordre. Dans ces conditions, l'alliance du rappeur et du premier flic de France fait plutôt désordre et certains syndicats de policiers n'ont pas hésité à s'en émouvoir.
Ensuite, c'est la présence de Pascal Sevran au meeting de Périgueux qui avait retenu l'attention des militants venus applaudir leur leader. Mais les récentes déclarations du "découvreur de talents" ont fait tâche sur le tableau. En préconisant la stérilisation de la moitié de la planète, Monsieur Sevran s'est totalement discrédité et a affiché un visage bien peu reluisant. Même si, depuis, il a présenté ses excuses, on sait que ce n'est que sur injonction de la Direction de France 2 qui le menaçait de retirer son émission de l'antenne s'il persistait dans ses déclarations fascisantes.
Et puis, il y a notre Johnny national dont on savait que la principale préoccupation de ces derniers mois était de mettre en oeuvre son évasion fiscale. En annonçant qu'il avait décidé de s'installer en Suisse parce qu'il en avait "marre de payer des impôts", Johnny a "allumé le feu"... pour de bon cette fois-ci. Ce manque de patriotisme ne va pas de pair avec le soutien qu'il apporte à la candidature du Président de l'UMP. Mais ce qui est encore plus surprenant, c'est que contrairement à la déclaration de Jacques Chirac qui, même s'il apprécie l'artiste, "regrette le comportement du citoyen", Nicolas Sarkozy a préféré défendre son nouveau fan. Il s'agit d'une prise de position particulièrement maladroite pour un homme qui n'a que la France à la bouche dans ses discours de campagne. Sur le plan de l'exemplarité, on aurait pu espérer mieux.
13 décembre 2006
Dominique de Villepin : le dernier recours si...
Pour avoir oublié le principe gaulliste élémentaire qui veut que l’élection présidentielle s’articule autour de la rencontre d’un homme (ou d’une femme…) et des citoyens, Michèle Alliot-Marie est tombée, non sans une certaine naïveté, dans le piège tendu par la Direction de l’UMP. Si un débat interne devait être organisé au sein du parti majoritaire, il ne devait porter que sur le contenu du programme législatif et non sur la désignation du candidat. Or, que constate t-on ? D’une part que le projet législatif de l’UMP est déjà plié puisque soumis au vote des militants et adopté par eux à plus de 97 %. D’autre part, que les mises en scène organisées par les amis du Ministre de l’intérieur (et ce, quels que soient les noms dont on les affuble : débats, forums, etc,…) n’ont que pour seul objectif de mettre Nicolas Sarkozy sur un piédestal. Il s’agit là d’une simple campagne de communication. Non seulement toute candidature alternative interne est vouée à l’échec face au Ministre de l’Intérieur mais en plus, la participation à cette mascarade ne peut que servir les intérêts du Président de l’UMP. D’abord, parce que pour crédibiliser l’idée que la démocratie interne est en marche au sein de l’UMP, Nicolas Sarkozy doit impérativement avoir, face à lui, un challenger, ne serait-ce que pour mieux l’écraser. Et personne ne doute que dans un parti dont toute la communication est toute entière orientée vers la promotion de son Président (au détriment de toute information sur les résultats du Gouvernement de Dominique de Villepin, d’ailleurs), tous ceux qui iront porter le fer contre le chouchou des militants se transformeront, de fait, en faire valoir de Nicolas Sarkozy. Ensuite, parce qu’en participant à une consultation ouverte aux seuls militants de l’UMP, les éventuels candidats réduisent d’autant la capacité de rassemblement qui sera indispensable au second tour de l’élection présidentielle. Et puis, il ne faut pas l’oublier, Jacques Chirac n’aura certainement pas encore annoncé ses intentions lorsque les militants désigneront, le 14 janvier 2007, leur légataire universel (le vote des militants permettant au candidat qui sera soutenu par l’UMP, de bénéficier du trésor de guerre du parti afin de financer sa campagne). La légitimité de celui qui sortira vainqueur de la consultation interne sera donc largement amputée tant que le Chef de l’Etat n’aura pas dit son dernier mot. MAM n’a plus que deux choix. Soit être candidate à l’intérieur du parti pour essayer de récolter, dans le meilleur des cas, autour de 20 % des suffrages, et peser ainsi, sur sa propre carrière politique dans "la France d’après"). Soit jeter l’éponge rapidement au risque de devenir la "Jack Lang" de la droite républicaine. C’est pourquoi nous réaffirmons ici que la sélection du candidat à la présidentielle, opérée par les seuls militants d’un parti politique (et il en va de même pour la démarche mise en œuvre par le Parti Socialiste) est un processus totalement anti-démocratique. Le peuple n’a pas donné mandat aux militants de l’UMP ou à ceux du Parti Socialiste pour opérer une pré-sélection qui n’aurait pour seule finalité que de réduire l’éventail des choix de société qui s’offrent à eux.
Comme l’avait fait François Mitterrand en 1988, c’est le Président de la République qui donnera le coup d’envoi de la campagne présidentielle lorsqu’il annoncera officiellement au pays s’il est, ou non, candidat à sa propre succession. Et s’il advenait que le Président Chirac décide de ne pas se représenter, un seul homme restera en capacité d’offrir une alternative à la "rupture tranquille" promue à tort et à travers par le Président de l’UMP : c’est Dominique de Villepin. Mais, le moment venu, sautera t-il le pas ?
30 novembre 2006
Quand Nicolas Sarkozy grille les étapes
C’était donc ça, le scoop de la semaine : Nicolas Sarkozy est candidat à l’élection présidentielle de 2007 ! Passons sur le caractère exceptionnel et la surprise que devait créer, selon son entourage, la déclaration de candidature du Président de l’UMP. Malgré une réelle maîtrise des techniques marketing les plus affûtées, le promoteur de la "rupture tranquille" n’a pas vraiment réussi à créer la surprise… puisque, de toute façon, cela n’en était pas une. Mais une question nous taraude, ce soir. En effet, on peut critiquer la procédure de désignation du candidat du Parti Socialiste qui ne correspond pas à la philosophie de la Vème République. Rappelons, sur ce point précis, que si la Constitution prévoit bien le rôle des partis politiques dans la vie politique française afin d’alimenter le débat démocratique, elle n’a jamais lié l’élection présidentielle à la désignation des candidats à l’élection présidentielle par ces mêmes partis politiques. Une telle vision serait d’ailleurs plus en phase avec le IVème république dont on sait les périodes d’instabilité politique qu’elle a générées. Mais pour en revenir au Parti Socialiste, celui-ci a sa propre logique et la récente désignation de Ségolène Royal s’est inscrite dans une procédure qui a le mérite de s’appuyer sur des règles clairement établies qui s’imposaient à tous les candidats à la candidatures. Or, on constate qu’à l’UMP, et ce, en contradiction avec les règles qu’il a lui même définies, Nicolas Sarkozy n’est pas seulement candidat à la candidature mais est déjà candidat à l’élection présidentielle. N’a t’il pas, de façon prématurée, sauter une étape ? Bien sûr, il existe une forte probabilité pour que son adoubement par les militants de l’UMP se concrétise, le 14 janvier 2007, lors du congrès organisé par le parti. Mais ne pas attendre cette confirmation avant de se positionner comme le vainqueur d’une consultation qui n’a pas encore eu lieu est une démonstration d’arrogance inouïe. Et que penser d’une chaîne de télévision du service public, en l’occurrence France 2, qui, en consacrant une émission entière au Président de l’UMP dès le soir de sa déclaration de candidature, semble participer activement au plan de communication médiatique mis en œuvre par Nicolas Sarkozy.
26 novembre 2006
Comme un petit caillou dans la chaussure de Nicolas Sarkozy...
En l’espace de dix jours, depuis le Conseil National du 16 novembre dernier, c’est une véritable tension qui s’est installée au sein de l’UMP pour la désignation du candidat qui mettra la main sur le magot du parti majoritaire afin de financer la campagne électorale de 2007. Pendant ce temps, Ségolène Royal était mise sur orbite élyséenne par les militants socialistes, rejoints, ce week-end, par le Parti Radical de Gauche qui vient de confirmer son ralliement au "Royalisme". Fort de ce constat, le Président de l’UMP a dû s’appliquer, au cours des derniers jours, à adopter la stratégie du déminage afin de pouvoir, sous couvert d’un débat démocratique imaginaire, apparaître comme le rassembleur de la droite républicaine et du centre. Ainsi, lors de son intervention dans le journal télévisé de TF1, jeudi soir dernier, il a annoncé les modalités de désignation du candidat de l’UMP : la date limite de dépôt des candidatures internes a été reportée au 31 décembre 2006 mais la date du vote des militants est restée figée au 14 janvier 2007. Il a, par ailleurs, invité tous ses compétiteurs, à déclarer leur candidature au sein du parti, invitant ainsi Jean-Louis Borloo, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie à sortir du bois. Les deux premiers ont déjà fait savoir, pour des raisons différentes, qu’ils ne participeraient pas à la compétition interne. Quant à Michèle Alliot-Marie, les récentes confidences de son compagnon, Patrick Ollier, semblerait militer pour une candidature interne. Malheureusement, face à Nicolas Sarkozy, et compte tenu du verrouillage du parti qui continue à s’opérer à travers le recrutement massif de nouveaux adhérents ralliés à la cause du Ministre de l’Intérieur, les chances de MAM pour être désignée par les militants sont quasiment nulles. Sa démarche s’apparenterait alors plus à une volonté de peser sur le contenu du projet présidentiel et à un début de négociation de postes clés dans un potentiel futur gouvernement de droite. Hier, à Versailles, après avoir annoncé que le cap des 300.000 adhérents venait d’être franchi, Nicolas Sarkozy a promis de tenir compte de toutes les sensibilités de son parti pour mettre en œuvre "la magie du rassemblement". Mais est-ce vraiment d’un "magicien" dont l’UMP a besoin ? Pas convaincu…
Mais toutes ces agitations médiatiques n’ont pour seule vocation que de dresser un rideau de fumée devant les fractures idéologiques de plus en plus marquées qui apparaissent entre une frange croissante des militants, sympathisants ou électeurs d’un côté, et la garde rapprochée du Président de l’UMP de l’autre. Sauf qu’il reste une inconnue dans l’équation posée par Nicolas Sarkozy dont la déclaration de candidature est annoncée pour la semaine prochaine. Comme un petit caillou dans la chaussure… En effet, le Président de la République a d’ores et déjà annoncé qu’il ne ferait part des ses propres intentions concernant une éventuelle candidature élyséenne, qu’au cours du premier trimestre 2007. Quelle que soit la décision du Chef de l’Etat, un doute permanent planera donc sur la candidature de celui qui aura obtenu l’adoubement des militants entre le 14 janvier 2007 et l’annonce de la décision finale de Jacques Chirac. C’est d’ailleurs à partir de ce moment, et sous réserve que le Président de la République choisisse de ne pas se porter à nouveau candidat, que Dominique de Villepin pourra, fidèle à la vision gaulliste de l’élection présidentielle, envisager sa propre participation à la compétition… forcément en dehors du parti compte tenu du calendrier de l’UMP qui ne correspond pas avec le temps présidentiel. Bien sûr, certains pourront penser que la campagne pour l’élection présidentielle ne peut pas attendre la décision du Chef de l’Etat. A tous ceux là, rappelons l’exemple de 1988. A la fin de son premier septennat, François Mitterrand, qui était âgé de 72 ans, avait annoncé qu’il était à nouveau candidat le 22 mars, soit un mois seulement avant le premier tour de l’élection présidentielle. Et on n’avait pas vu, à l’époque, le Parti Socialiste procéder à la désignation de son candidat avant que le Président de la République n’ait affiché ses intentions. La date du 14 janvier 2007 ne sonnera donc pas le "top départ" de la course et certains risquent fort, durant cette période, de ressentir de terribles crampes, entravés dans leurs "starting blocks".


