No rupture

Le blog qui milite pour une véritable majorité présidentielle autour de Jacques Chirac et du Gouvernement de Dominique de Villepin.

31 mars 2007

Jacques Chirac ou l'anti-Machiavel

Dans une chronique intitulée "Jacques Chirac ou l'anti-Machiavel", publiée dans le Figaro du 26 mars 2007, Alain-Gérard Slama tord le cou à la stigmatisation du parcours politique du Président de la République. A lire... et à méditer.

J_CHIRACUne vulgate, qui n'est pas seulement le fait de ses ennemis, a longtemps présenté Jacques Chirac comme un manœuvrier sans états d'âme. Le politique, tout entier investi dans sa passion, n'aurait ainsi jamais manifesté le moindre souci de continuité, ni dans l'action ni dans la pensée. Son modèle serait Mitterrand plutôt que de Gaulle, et son livre de chevet serait Le Prince de Machiavel. Avec cette circonstance aggravante que le disciple se serait montré plus habile à conquérir le pouvoir qu'à l'exercer. Réduire quarante ans de vie politique à une telle caricature témoigne d'une belle ignorance de l'homme et de la réalité du pouvoir. Car, avec la distance que sa fin de règne commence à rendre possible, il semble que l'on soit mieux fondé à soutenir l'inverse. S'il est deux traits que la postérité gardera de sa longue occupation du pouvoir, c'est, à l'intérieur, le souci de la continuité et, à l'extérieur, la rupture avec l'héritage de Machiavel.

Les deux recueils des discours qu'il a prononcés depuis 1995, l'un en politique intérieure, l'autre en politique extérieure, sont là pour en témoigner. On objectera que les deux préfaces que le président a rédigées pour ces volumes sont des plaidoyers pro domo, bien optimistes en ce qui regarde le règlement des problèmes de la dette, des retraites, de l'investissement et de l'emploi. Mais, entre les préfaces et les discours, la cohérence est vérifiable. On est frappé par la sincérité avec laquelle celui-ci, indifférent aux ricanements des intellectuels, a mis en oeuvre les convictions très simples, républicaines et sociales, qui l'habitaient et qu'il peut présenter aujourd'hui, non sans fierté, comme les réponses les mieux adaptées aux bouleversements de notre modernité.

Le plus surprenant, peut-être, est que le volume dont la préface est la plus personnelle, la plus réfléchie, la mieux écrite, soit celui consacré à la politique intérieure. Jacques Chirac a, il est vrai, beaucoup hésité dans ce domaine sur le choix des moyens. Nul ne peut dire s'il a eu tort ou raison de vouloir éviter à tout prix la réédition de la crise de l'automne 1995, et de limiter le rythme des réformes de libéralisation de l'économie française attendues de lui, par crainte de jeter dans la rue le « peuple de gauche » qui lui avait fait confiance en masse, face à Le Pen, au printemps 2002. Mais sur le fond, depuis l'invocation d'un « travaillisme à la française » en 1976, jusqu'aux plaidoyers en faveur de notre « modèle social », le souci de maintenir la cohésion de la société et de sauvegarder la paix civile a été la clé de toute son action.

À ceux qui lui opposent qu'une politique de relance économique et de réduction des charges de l'État eût favorisé la cohésion mieux que sa prudence, il répond que la solidarité de la nation, déjà fragile, en eût été brisée, et la croissance avec elle. À ses yeux, le marché économique est imposé par les contraintes de la mondialisation. Cette cause n'est plus prioritaire. Les batailles de l'avenir sont celles qui éviteront les phénomènes de rejet auxquels l'économie libérale pourrait succomber. De là ses combats sans concession pour le maintien du pacte social, la pacification de la mémoire nationale, la parité hommes-femmes, la tolérance, l'environnement.

Ses adversaires l'accusent d'avoir mené ainsi, à contre-emploi, une politique de gauche. En fait, tous les dirigeants de la droite modérée, des orléanistes de la seconde Restauration à Giscard, n'ont jamais fait autre chose. Ils ont repris à leur compte les objectifs d'égalité et de justice sociale propres à la gauche, pour les inscrire dans un processus de réformes lent, adapté à l'évolution des mentalités et des mœurs.

Le reproche d'avoir trahi l'esprit de la Vème République en ne démissionnant ni après la dissolution de 1997, ni après l'échec du référendum européen de 2005 trouve sa réponse dans cette logique : la crise provoquée par un départ qui se serait réclamé de l'exemple de De Gaulle, mais que n'impose pas la Constitution, eût contredit le besoin de stabilité enraciné dans l'opinion depuis 1958, et compromis la paix civile.

Quant au volume consacré à la politique étrangère, peut-être est-il moins dense parce qu'il s'agit du domaine où le bilan de Jacques Chirac est le plus fort. Certes, on est irrité de ses complaisances d'hier envers Arafat, ou d'aujourd'hui envers Poutine. Sa virulence à l'égard de la Pologne n'était guère diplomatique, et seul un oui au référendum de mai 2005 aurait pu réparer l'échec du sommet européen de Nice.

Mais ce passif est l'envers d'un choix qui reste à son actif. Avec Chirac, l'anti-machiavélisme s'est imposé comme un réalisme. La politique des droits de l'homme est apparue comme la seule parade possible au risque d'une guerre de civilisations. En Bosnie, au Kosovo, son rôle a été décisif pour arrêter les massacres interethniques et infléchir la politique de Bush père et de Clinton, de même que la confrontation avec les États-Unis à propos de la guerre d'Irak a obligé Bush fils à renoncer à la doctrine de l'unilatéralisme. Depuis 1995, il est le chef d'État qui a le mieux compris que les progrès de la sécurité collective par la force donnée au droit sont devenus pour l'humanité une question de vie ou de mort. Cela fait, au total, pas mal de messages qui méritent d'être entendus.

Reproduction - Le Figaro du 26 mars 2007

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11 mars 2007

Jacques Chirac : la passion de la France

Chirac_La_passion_de_la_France

Moment fort en émotion que l’allocution du Président de la République, ce soir, sur les chaînes de télévision. Au delà des mots forts prononcés par le chef de l’Etat, c’est aussi une page se tourne. Et ce n’est pas sans nostalgie que, comme beaucoup de ceux qui ont été de tous les combats électoraux de Jacques Chirac, je me remémore ce printemps 1995 qui nous avait permis d’amener à l’Elysée, celui qui a été le moteur de notre engagement militant.

Campagne_1995

Bien entendu, on peut avoir des regrets sur tel ou tel point du double mandat du Président, mais nous sommes nombreux à rester fiers du bilan des années Chirac, qu’il s’agisse des réformes de fond dont notre pays avait besoin ou de la voix de la France qui a été portée haut sur la scène internationale. Au delà des convictions politiques que nous avons partagées, c’est aussi l’homme Chirac que nous avons aimé et dont nous continuerons à saluer la proximité qu’il a toujours su instaurer avec les Français. Alors que l’époque était plutôt au procès à charge contre le Président de la République (on ne compte plus le nombre de livres ou de pamphlets qui ont été publiés pour dénigrer l’action du Chef de l’Etat), on note, à l’aube de ce retrait élyséen, un retournement de tendance. Avec la publication de « L’inconnu de l’Elysée », Pierre Péan a ouvert la voie d’une juste reconnaissance de l’action politique de Jacques Chirac. Et du côté de Nicolas Sarkozy ou de François Bayrou, le discours se fait désormais plus élogieux quand il s’agit d’évoquer l’actuel locataire de l’Elysée. Evidemment, je ne suis pas dupe et j’ai bien conscience que ces changements de cap sont souvent dictés par des manœuvres électoralistes visant à draguer les suffrages de la frange chiraco-villepiniste de la droite républicaine. Mais c’est avec une certaine délectation que j’assiste à la métamorphose du discours de certains candidats : on est passé de la « rupture » à la « rupture tranquille » avant de voir ce mot quasiment disparaître du vocabulaire de campagne. A titre personnel, je dis toute ma reconnaissance à Jacques Chirac pour les moments forts que mon engagement à ses côtés m’a permis de vivre dans mon action militante. Je sais que bon nombre de militants se reconnaîtront aussi dans ce sentiment. Et en attendant que le rideau ne se referme sur une carrière politique riche qui aura marqué les dernières décennies de la vie politique française, et au delà du 6 mai 2007, je suis et resterai chiraquien de cœur. Résolument. Ardemment. Fidèlement. Et ce, quelles que soient les options que je prendrai lors de la prochaine consultation présidentielle et dont j’aurais l’occasion de vous faire part dans les prochains jours, sur ce blog.

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23 février 2007

Jean-Louis Debré : sage parmi les sages

Jean_Louis_DEBREAlors que la rumeur circulait depuis plusieurs semaines, le Chef de l'Etat a nommé Jean-Louis Debré à la présidence du Conseil Constitutionnel. Cette décision va bien sûr déclencher une polémique que ne manqueront pas de lancer la gauche et l'UDF dénonçant le "fait du Prince". Mais le prédécesseur de Jacques Chirac n'avait-il pas, lui aussi, nommé des hommes qui lui avaient voué une fidélité indéfectible ? Sans oublier que l'action de Jean-Louis Debré à la présidence de l'Assemblée Nationale a toujours été favorablement saluée par tous les députés, quel que soit le groupe politique auquel ils appartiennent.

Et puis, la nomination de Jean-Louis Debré s'inscrit dans un double symbole.

Symbole de la fidélité en politique de la part de celui qui a toujours été un ardent supporter du Président de la République... même lorsque des divergences existaient entre les deux hommes, comme ce fût le cas lors de la réforme constitutionnelle instituant le quinquennat. Certains ont ironisé sur ce dévouement au Chef de l'Etat, qualifiant le Président de l'Assemblée Nationale de "grognard" de Jacques Chirac. Il est vrai que la fidélité en politique n'est plus à la mode, cette valeur ayant été remplacée, depuis quelques mois, par la pratique d'un nouveau mode de soutien : "le ralliement". Pourtant, comme l'écrivait André Comte-Sponville : "la fidélité est au principe de toute morale : elle est le contraire du renversement de toutes les valeurs".

Cette nomination marque aussi, symboliquement et politiquement, l'attachement de Jacques Chirac aux institutions de la Vème République. En effet, c'est aujourd'hui le fils de Michel Debré, rédacteur de la Constitution en 1958, qui aura la charge de veiller au respect des principes qui ont permis à notre pays de connaître une stabilité politique depuis près de cinquante ans. Que tous ceux qui, à droite ou à gauche, souhaitent réformer de fond en comble nos institutions en soient bien conscients : le "grognard" les attend au tournant.

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03 janvier 2007

Suivez mon regard...

ChiracA l’occasion de la cérémonie des vœux du Gouvernement, Jacques Chirac a appelé les ministres à ne pas délaisser leur action gouvernementale au profit de la campagne électorale. Une mise en garde implicite au Ministre de l'Intérieur. Il a demandé à nouveau au gouvernement une "mobilisation totale" pour la sécurité, contre le chômage et "pour aider les plus démunis", les incitant à avancer rapidement pour améliorer le droit au logement. Par ailleurs, le Président de la République a implicitement mis en garde Nicolas Sarkozy, qui a fait de la "rupture" son argument de campagne, en dénonçant "la tentation de la table-rase" et en plaidant pour "le respect du travail accompli". "Vous aurez certainement à coeur de prendre part au débat national qui s'annonce. Il est légitime que vous puissiez le faire, et nos concitoyens seront attentifs à l'expression de votre engagement et de vos convictions", a dit le Chef de l’Etat lors du premier Conseil des Ministres de l'année. "Mais il vous faudra le faire dans le cadre d'un principe clair: cet engagement dans le débat électoral ne saurait en aucun cas s'exercer au détriment de votre mission gouvernementale", a-t-il ajouté.

Voeux_gouvernementLe premier ministre Dominique de Villepin a enfoncé le clou en soulignant le "devoir d'action" et de "vérité" qui incombe au Gouvernement. Jacques Chirac a aussi prévenu qu'il comptait, "en liberté et en responsabilité", s'exprimer avant les élections pour "fixer les enjeux et éclairer le choix des Français", comme il l'avait fait dans ses vœux le 31 décembre dernier.

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01 janvier 2007

Les Voeux du Président de la République

Voeux_elysee_31_12_2006   Palais de l'Élysée, Paris, le dimanche 31 décembre 2006

Mes Chers Compatriotes de métropole, d'outre-mer, de l'étranger,

A la veille de l'année 2007, qui sera particulièrement importante pour l'avenir de notre pays, j'adresse, du fond du cœur, à chacune et à chacun d'entre vous mes vœux les plus chaleureux. Et je pense d'abord à toutes celles et à tous ceux qui sont victimes de la solitude, de la maladie, de la détresse.

Je veux aussi saluer avec respect et reconnaissance nos soldats qui défendent, partout dans le monde, la paix et les valeurs de la France.

Ensemble, depuis que j'ai l'honneur de vous servir et de vous représenter, nous vivons des changements considérables. Une économie mondiale en pleine expansion. Une concurrence de plus en plus vive mais qui nous ouvre aussi des opportunités nouvelles. La révolution de l'Internet, qui transforme notre façon de communiquer, de travailler, de vivre en société. Un monde où la surexploitation des ressources naturelles dérègle le climat et mettra en danger l'humanité, si nous ne réagissons pas dès maintenant. Un monde qui n'a jamais été aussi riche et aussi pauvre à la fois. Un monde marqué par le 11 Septembre, le terrorisme, la guerre en Irak, la crise au Proche-Orient, la tentation absurde et irresponsable du choc des civilisations et des cultures.

Parce que j'aime passionnément la France, je me bats pour qu'elle prenne toute sa place dans ce nouveau monde tout en restant fidèle à elle-même. Je me bats pour que chaque Français, pour que chaque jeune en particulier, ait sa chance, où qu'il vive et quelles que soient ses origines.

Bien sûr, je voudrais que les choses avancent plus vite, et qu'elles avancent mieux pour chacun d'entre vous. Mais grâce à votre talent, grâce à votre travail, la France s'affirme. Avec l'action résolue du Premier ministre et de son gouvernement, le chômage baisse fortement : déjà 360 000 chômeurs de moins. La croissance est là et elle est solide. Nos retraites, notre sécurité sociale se réforment et c'est la garantie de leur avenir. Le nombre de logements sociaux nouveaux chaque année a doublé depuis 2002. Nos regards et nos comportements évoluent heureusement vis-à-vis des personnes handicapées, des victimes du cancer, des victimes de la violence routière. Grâce à votre mobilisation, près de 9 000 vies ont été sauvées sur les routes de France.

D'ici aux élections, j'aurai une double exigence : que le Gouvernement soit au travail, à votre service, pour la sécurité, pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat et que ces mois soient aussi des moments de débats ouverts, démocratiques et responsables et je m'y engagerai pleinement. Je voudrais vous dire ce soir quels en sont, à mes yeux, les enjeux majeurs.

Le premier, c'est l'unité et le rassemblement autour des valeurs qui font la France : la liberté, l'humanisme, le respect, et notamment le respect de la diversité et des différences, la laïcité, le combat contre le racisme, l'antisémitisme, le communautarisme. N'écoutez pas les apprentis sorciers de l'extrémisme. La France est forte, la France est belle quand elle sait, tout à la fois, faire respecter ses règles et tendre la main.

Le deuxième enjeu, c'est évidemment le progrès économique et social. Je sais les souffrances et les difficultés auxquelles certains d'entre vous sont confrontés. Je connais vos attentes pour ce qui concerne les salaires et le pouvoir d'achat, c'est-à-dire la juste récompense de votre travail. Mais gardez-vous cependant des idéologies, des illusions, du retour aux recettes qui ne marchent pas. C'est le travail, c'est la formation, c'est la recherche qui font la force des économies modernes. En donnant toute sa place au dialogue social, des réformes importantes sont devant nous : pour aller beaucoup plus loin dans la baisse du chômage, pour faire de la participation un véritable projet de société, pour donner plus de puissance à nos entreprises, pour mettre en place un véritable droit au logement opposable, c'est-à-dire faire du droit au logement une réalité. Et je demande au Gouvernement d'avancer sur ce point dans les toutes prochaines semaines.

Le troisième enjeu, c'est de bien mesurer que la France a des responsabilités particulières dans le monde. La vocation de la France et son honneur, c'est d'affirmer sa voix avec force et avec indépendance pour la paix et pour la justice. C'est aussi son intérêt. Ainsi, agir comme nous le faisons, pour le développement des pays les plus pauvres, c'est, bien sûr, répondre à une exigence morale essentielle. Mais c'est également prévenir l'afflux à nos frontières de tous ceux qui quittent leur pays parce qu'ils n'ont plus d'espoir.

Le quatrième enjeu, c'est l'Europe. Depuis un an et demi, nous avons choisi de faire progresser l'Europe des projets : la recherche, l'énergie, la sécurité, l'immigration. N'oublions jamais que l'Europe, c'est la garantie de la paix et de la démocratie sur notre continent. C'est donc notre avenir. Le 50e anniversaire du Traité de Rome, le 25 mars prochain, nous offre l'occasion de donner un nouveau souffle à la construction européenne : pour une Europe politique, pour une Europe de l'ambition économique et du progrès social, pour une Europe qui nous protège. La France y prendra naturellement toute sa part.

Enfin, il y a l'enjeu écologique. C'est un enjeu immédiat. Un enjeu politique. La France est le premier pays au monde à avoir inscrit en 2005 une Charte de l'environnement dans sa Constitution. En février, elle accueillera une conférence internationale pour accélérer la marche vers une Organisation Mondiale de l'Environnement. Mais c'est aussi chez nous que ce combat se gagne, par le changement en profondeur de nos comportements et de nos politiques. C'est une exigence et c'est une chance. Avec la nécessité d'inventer une économie respectueuse de l'environnement, c'est une nouvelle révolution industrielle qui est devant nous, celle du développement durable. Elle sera source de croissance et d'emplois et la France a tous les atouts pour en être le champion.

Mes Chers Compatriotes,

Oui, nous pouvons être fiers d'être Français ! Poursuivons notre effort de modernisation. Ne cherchons pas à imiter. Soyons nous-mêmes. Au printemps prochain, vous aurez à faire des choix décisifs. Faites vivre intensément vos convictions. Vous êtes le peuple souverain. La France a besoin de chacune et de chacun d'entre vous. Elle compte sur vous.

Vive la République ! Vive la France !

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09 novembre 2006

Le Gaullisme : une valeur moderne

Jacques_Chirac_ColombeyEn visite à Colombey-les-deux-Eglises pour le 36ème anniversaire de la mort du Général de Gaulle, et accompagné de Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie, le Président de la République a souligné la solidité et la capacité d’adaptation de la République fondée par l’homme du 18 juin. Rappelant les grandes actions du Général, parmi lesquelles le fait qu'il ait "donné à la France ce qui lui manquait depuis des décennies : une remarquable solidité institutionnelle", Jacques Chirac a mis en garde contre "l'irresponsabilité qu'il y aurait à brader" cette "solidité institutionnelle". Une manière de répondre aux fanatiques de la rupture qui réclament une VIème République. La Vème République a été fondée en 1958 par le Général de Gaulle et n'a, selon le chef de l'Etat, "jamais été un obstacle à la modernisation de la France". Et Jacques Chirac de souhaiter que "la France prenne la voie du progrès". Le Général de Gaulle avait "la conviction que les modèles poussés à l'extrême, qu'il s'agisse du communisme ou du libéralisme économique débridé ne sont pas faits pour notre pays", a t-il conclu dans un avertissement à Nicolas Sarkozy. Le même jour, le Président de l’UMP, lors d’un meeting à Saint-Etienne, a frisé le blasphème en tentant d’assimiler le thème de la rupture qui lui tient tant à cœur à l’attitude du Général de Gaulle. 36 ans après sa disparition, il en est un qui doit se retourner dans sa tombe…

Pour lire l’intégralité du discours de Jacques Chirac : http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/discours_et_declarations/2006/novembre/discours_du_president_de_la_republique_lors_de_la_premier_pierre_du_memorial_charles-de-gaulle.65494.html

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31 octobre 2006

Jacques Chirac continue à fixer le cap

Chirac_FigaroEmploi, banlieues, justice, croissance... Dans un entretien exclusif publié dans Le Figaro du mardi 31 octobre, le chef de l'Etat fixe le cap des mois qui viennent. En voici le contenu intégral.

Le Figaro - Un an après les émeutes dans les banlieues, beaucoup d'observateurs, de maires, estiment que la situation ne s'est pas améliorée. Est-ce que le gouvernement en a fait assez ?

Jacques Chirac - La situation reste certes difficile dans un certain nombre de quartiers, mais mon sentiment c'est que les choses avancent. Le gouvernement mène une action forte qui commence à porter ses fruits. Cette action de longue haleine s'appuie sur deux axes, la fermeté face aux violences -et vous me permettrez d'avoir une pensée pour mademoiselle Galledou, qui a été grièvement brûlée lors d'une agression ignoble dans un bus à Marseille-, et le combat fondamental pour l'égalité des chances. Je pense au plan de rénovation urbaine et au plan de cohésion sociale, que j'ai voulu et qui est mis en œuvre avec dynamisme par Jean-Louis Borloo. Avec le Plan de Rénovation Urbaine, nous avons un rythme de constructions sans équivalent depuis 25 ans, qui représente tout de même 35 milliards d'euros jusqu'en 2013, et qui concerne 600 quartiers, c'est-à-dire 4 millions d'habitants. Nous sommes à peu près aujourd'hui au milieu du chemin. Quant au plan de cohésion sociale, il représente 13 milliards d'euros sur cinq ans. C'est un effort massif, il apporte déjà des résultats et il va nous permettre de changer les choses en profondeur. Il y a aussi la création de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et les zones franches pour lesquelles j'avais été critiqué au moment de leur lancement, il y a dix ans et qui marchent bien. Dans bien des endroits ces activités nouvelles ont complètement transformé la vie. Le ministre de l'Education, Gilles de Robien, a quant à lui lancé une bonne réforme, celle des collèges ambition réussite. Enfin, l'Agence pour l'égalité des chances, à laquelle le premier ministre Dominique de Villepin tenait énormément, fonctionne. Grâce à ces efforts, grâce aux élus, grâce aux travailleurs sociaux, grâce aux associations, les choses bougent, elles s'améliorent. Je voudrais rendre hommage à tous ces acteurs de terrain. Et je veux lancer un appel à la responsabilité. Il faut que chacun prenne conscience de son rôle dans la société et refuse la violence.

Le Figaro - Et pour ceux qui ne refusent pas la violence ?

Jacques Chirac - Il faut évidemment réagir et mettre en oeuvre les moyens de sanction nécessaire. C'est le sens des décisions prises par le Premier ministre hier. L'action menée dans des conditions difficiles par le ministre de l'Intérieur est bonne. C'est une action à la fois de prévention et de sanction. C'est particulièrement nécessaire lorsque sont mis en cause les représentants de la force publique. Il n'est pas acceptable que des forces de l'ordre ou des agents de l'Etat puissent être agressés. Tout doit être fait pour renforcer cet aspect de la sécurité.

Le Figaro - Est-ce qu'il faut adapter la réponse judiciaire ?

Jacques Chirac - Oui. Parmi les réformes engagées, il y a la loi sur la prévention de la délinquance, initiée par Nicolas Sarkozy. Elle sera conduite naturellement à son terme et répond à cette exigence. Elle sera votée à la fin de l'année.

Le Figaro - Nicolas Sarkozy a parlé de peines planchers, de juger les agresseurs de policiers devant les assises et de revoir l'ordonnance de 1945 sur les mineurs. Qu'en pensez-vous ?

Jacques Chirac - Il faut tenir compte de la situation, des évolutions des comportements et en tirer les conclusions. On ne peut pas laisser, sous prétexte qu'ils sont mineurs, des jeunes s'adonner à la violence. Il est de notre responsabilité de faire respecter les règles. C'est la condition de l'équilibre de la société.

Le Figaro - Le ministre de l'Intérieur a regretté le manque de sévérité des juges...

Jacques Chirac - On a beaucoup trop épilogué sur un soi-disant problème entre la police et la justice. C'est vieux comme le monde. Je respecte, par définition, l'une et l'autre et je n'ai pas du tout l'intention d'entrer dans une polémique.

Le Figaro - La réforme de la justice affichait des objectifs très ambitieux. On a eu le sentiment qu'elle se réduisait au fil des jours. Qu'en reste-t-il ?

Jacques Chirac - A la suite de l'affaire d'Outreau, je me suis trouvé confronté à deux possibilités. La première c'était la grande réforme de la justice. J'ai considéré qu'à six mois d'une échéance majeure pour le pays, on n'engageait pas une réforme de très grande ampleur qui devait faire l'objet d'un grand débat national. J'ai voulu en revanche que soient prises dès maintenant les mesures d'urgence pour répondre aux dysfonctionnements constatés dans cette affaire : enregistrement des gardes à vue et des auditions devant les juges d'instruction pour les cas les plus graves en se donnant les moyens nécessaires ; création des pôles d'instruction ; saisine du Médiateur par les justiciables ; et amélioration de la responsabilité des juges. Ce point fera l'objet d'une disposition que le gouvernement présentera sous forme d'amendement.

Le Figaro - Une polémique a opposé Thierry Breton au Medef sur les 35 heures. N'avez-vous pas le sentiment, avec le recul, qu'elles auraient dû être abrogées pour libérer l'économie française?

Jacques Chirac - Les 35 heures, de mon point de vue, ont eu des conséquences négatives. Sur le plan économique en handicapant la productivité française, sur le plan social en limitant la hausse du pouvoir d'achat et sur le plan des principes, car je ne pense pas que l'objectif qui doive être affiché dans une économie moderne soit de travailler le moins possible. La réforme a été mal réfléchie, mal appréciée et imposée sans concertation. J'ai voulu qu'elle soit assouplie en faisant toute sa place au dialogue social. Nous avons fait voter deux lois en ce sens.

Le Figaro - Donc pas besoin d'une nouvelle loi ?

Jacques Chirac - Non, l'enjeu d'aujourd'hui c'est d'appliquer ces lois. Les entreprises ne le font pas suffisamment.

Le Figaro - Vous avez fait de la lutte contre le chômage une exigence de l'action du gouvernement. Où en est-on ?

Jacques Chirac - La lutte contre le chômage c'est la priorité absolue. Depuis un an et demi le chômage baisse. Pour le mois de septembre, il y a eu 30 000 chômeurs en moins. Ce qui nous permet de passer en-dessous de la barre des 9%, à 8,8%. Nous sommes dans la bonne direction. L'amélioration touche toutes les catégories, les jeunes, mais aussi le chômage de longue durée qui baisse fortement. C'est 350 000 chômeurs de moins en un an et demi. Je ne vous cache pas que pour moi ce combat contre le chômage est une préoccupation qui dépasse de cent coudées les considérations d'ordre politique. D'autant plus que ces bons résultats, permettent à la France de pouvoir maintenant se fixer de nouvelles ambitions. Et je pense notamment à la nécessaire augmentation du pouvoir d'achat des Français.

Le Figaro - Quel seuil espérez-vous atteindre en 2007 ?

Jacques Chirac - Nous mettons tout en œuvre pour que la France passe sous la barre des 8 % en 2007. C'est volontariste et c'est possible.

Le Figaro - Quelles sont les réformes qui vous paraissent devoir être conduites avant le terme de votre mandat ?

Jacques Chirac - Il y a des réformes qui sont engagées et dont j'entends qu'elles aillent jusqu'à leur terme. Pour l'intérêt du pays, ce que je veux, c'est l'action avant tout. Le gouvernement doit poursuivre son action, notamment dans les domaines importants : prévention de la délinquance, parité en politique, réforme des tutelles, protection de l'enfance, loi sur l'audiovisuel pour permettre le passage au numérique dans de bonnes conditions. Je souhaite que ces réformes soient adoptées avant la fin de l'année. Rien ne me détournera de ces objectifs. On peut prendre des décisions importantes dans la période actuelle, comme on l'a vu avec Gaz de France, la réforme du dialogue social et l'interdiction du tabac dans les lieux publics.

Le Figaro - Un certain nombre de personnes s'inquiètent de cette interdiction. Nicolas Sarkozy dit qu'il faut l'assouplir dans les petits bureaux de tabacs de campagne. Qu'en pensez-vous ?

Jacques Chirac - J'ai ouvert un chantier prioritaire, la lutte contre le cancer, il donne des résultats importants. Dans ce cadre, il fallait agir contre le tabac. Ça peut choquer certains, mais si on regarde les choses avec un minimum de distance, on s'aperçoit que l'interdiction dans les lieux publics est une nécessité. Le gouvernement envisage de l'appliquer par étapes. C'est très bien. Ce qui est essentiel, c'est de conduire à terme cette réforme.

Le Figaro - Parmi ces réformes, il y a la baisse de la dépense publique et la maîtrise de la dette. Est-ce que c'est réalisable en période électorale ?

Jacques Chirac - L'amélioration de l'emploi, c'est mon obsession. Mais cela ne peut se faire sans l'amélioration de l'économie et des finances publiques. L'action du gouvernement nous conduit à avoir la plus forte croissance de la zone euro. Nous sommes aujourd'hui, et la Commission européenne l'a reconnu, parmi les grands pays de la zone euro, les mieux gérés en Europe. Nous sommes le seul à respecter de façon incontestable et incontesté les exigences de Maastricht. Je voudrais de ce point de vue rendre un hommage particulier au ministre de l'économie qui a su gérer comme il fallait les finances publiques de notre pays. Je note que pour la première fois depuis très longtemps, nous assistons à une baisse des dépenses en volume et à une baisse de la dette, objectif qui n'avait jamais été atteint. Baisse du chômage, réduction de la dette, réformes, croissance, tout cela ne s'est pas fait par l'opération du Saint-Esprit. On est toujours avare de compliments. Mais il faut le dire. Tout ça est le résultat de l'action résolue du Premier ministre, Dominique de Villepin, qui donne en permanence une impulsion et assure le suivi de l'ensemble des réformes.

Le Figaro - Vous avez dit que vous annonceriez votre décision de vous représenter ou de ne pas vous représenter au cours du premier trimestre 2007. Mais, en votre for intérieur, avez-vous fait votre choix ?

Jacques Chirac - Il est de ma responsabilité de Président de la République de donner la priorité à l'action. La France ne peut pas se permettre de perdre six mois tous les cinq ans. Je me prononcerai le moment venu, c'est-à-dire au 1er trimestre 2007.

Le Figaro - Pour la présidentielle de 1995, pourtant, vous vous étiez déclaré six mois avant l’échéance. Ce qui valait hier ne vaudrait plus aujourd’hui ?

Jacques Chirac - Les circonstances ne sont pas les mêmes. En 1994, je n’étais pas Président. Aujourd'hui, je vous le redis, ma fonction m'impose de mener l'action au service des Français jusqu'à son terme.

Le Figaro - En fonction de quels critères – intérieurs, extérieurs – prendrez-vous votre décision ?

Jacques Chirac - Un critère tout simple : l’idée que je me fais de l’intérêt de la France.

Le Figaro - S’il arrivait qu’un ministre soit candidat, pourrait-il rester en fonction ou bien devrait-il quitter le gouvernement pour mener campagne ?

Jacques Chirac - Le principe est simple. Ce qui compte pour moi, c'est qu'un ministre assume pleinement et totalement ses fonctions ministérielles.

Le Figaro - Dans la majorité, certains disent redouter le retour de la machine à perdre…

Jacques Chirac - Depuis qu’il y a des élections, on l’a toujours dit.

Le Figaro - Convenez tout de même que ces dernières semaines l’ambiance, au sein de la majorité, a été plutôt agitée…

Jacques Chirac - Peut-on vraiment dire cela ? Je vous le dis en homme d’expérience : il y a eu des périodes plus difficiles. Cela étant, je souhaite que la majorité garde à l’esprit le vieux principe selon lequel l’union fait la force, et qu’elle agisse en conséquence.

Le Figaro - Avez-vous vous regardé les débats du parti socialiste ? Quel jugement portez-vous sur la méthode retenue ?

Jacques Chirac - C'est le choix du Parti Socialiste et je n'ai aucun commentaire à faire.

Le Figaro - Ségolène Royal a récemment défrayé la chronique en proposant un « jury populaire » pour « surveiller » les politiques. Qu’en pensez-vous ?

Jacques Chirac - Je ne vais pas commenter chacune des propositions des candidats à la candidature au sein du Parti Socialiste.

Le Figaro - Mais vous avez tout de même écarté la proposition faite par Dominique de Villepin d’introduire des caméras en Conseil des ministres…

Jacques Chirac - J’ai été étonné que cette mise au point ait été interprétée par les uns ou par les autres comme une critique ou un désaveu. Le premier ministre a fait une suggestion inspirée par l’idée, juste, qu’il faut encourager la participation des Français à la vie politique. J’ai dit que cette suggestion ne me paraissait pas conforme à l’idée que je me fais du principe d’indépendance et du secret nécessaire à certains débats qui peuvent engager la sécurité intérieure ou extérieure de la France. Voilà tout.

Le Figaro - Pensez-vous que l’UMP doive s’inspirer du principe des primaires pour sélectionner son candidat ?

Jacques Chirac - C'est la responsabilité de l'UMP. Je suis président de la République et je n’ai pas à m’immiscer dans la vie des Partis.

Le Figaro - Mais estimez-vous possible, et souhaitable, que plusieurs candidats issus de l’UMP soient en concurrence à la présidentielle ?

Jacques Chirac - L’élection présidentielle c’est une rencontre entre un homme et un peuple ; tel est l’esprit du gaullisme, telle est la logique de l’élection du président au suffrage universel. Tout est donc est possible. Quant à ce qui est souhaitable, je dirais qu’il faut privilégier l’esprit d’unité et de rassemblement.

Le Figaro - Vous avez affirmé votre volonté de voir aboutir avant la fin de votre quinquennat la réforme du statut pénal du chef de l'Etat. Pensez-vous compte tenu du calendrier, que cet objectif pourra être atteint ?

Jacques Chirac - Je le souhaite. Je vous rappelle que j'avais demandé un rapport à une commission présidée par le professeur Pierre Avril. Ces conclusions ont été très largement approuvées. Le gouvernement les a traduites dans un projet de loi qui a été adopté, sous ma présidence, en Conseil des Ministres. Il est maintenant soumis à la Commission des Lois de l'Assemblée Nationale. J'espère que les parlementaires l'approuveront et que le projet pourra être voté avant la fin de la législature.

Le Figaro - Dans l'affaire Clearstream, le Premier ministre et la ministre de la Défense vont être entendus par les juges. Est-ce que cela peut ne pas avoir de conséquences politiques ?

Jacques Chirac - La justice est saisie et je lui fais naturellement toute confiance. Depuis mon entrée en fonction, j'ai agi d'une part pour la moralisation des marchés internationaux (et ils en avaient besoin) et d'autre part pour la lutte contre les réseaux mafieux et terroristes. J'en ai fait une exigence de l'action de la France. Je vous rappelle que j'ai personnellement voulu que la France ratifie la convention de l'OCDE sur la moralisation des exportations et du commerce international. J'ai ensuite fait adopter en 2003 une résolution par le G8 à Evian, sur la lutte contre les réseaux mafieux et contre le financement du terrorisme. Dans ce contexte, chaque ministre compétent se devait et se doit d'être particulièrement vigilant et de prendre toutes les mesures dans ce sens. C'était évidemment le cas du ministre des Affaires Etrangères, Dominique de Villepin, c'était sa fonction et son rôle. Pour le reste, la justice étant saisie, je n'ai pas d'autre commentaire à faire.

Le Figaro - Mais est-ce que c'est sans conséquence politique ?

Jacques Chirac - Le Ministre de la Défense et le Premier Ministre ont demandé à apporter leur témoignage. Il n'y a rien en cela qui soit de nature à entraver le travail gouvernemental

Le Figaro - Bombardier, entreprise canadienne, a été choisie par la SNCF pour construire les nouvelles rames de trains de banlieue pour la région parisienne. Un certain nombre de voix se sont élevées pour regretter qu'une entreprise française, Alstom, ait été écartée de ce marché. Comment avez-vous réagi ?

Jacques Chirac - Nous sommes dans une économie de compétition, une économie ouverte. La SNCF a fait un appel d'offre. La SNCF a donc choisi son fournisseur, et c'est sa responsabilité. Mais vous le savez, je reviens de Chine, pays qui va construire dans les années à venir autant de lignes TGV qu'il en existe aujourd'hui sur tout le réseau européen et ce qui compte c'est que grâce à la qualité de ces produits, Alstom a tous les moyens de prendre toute sa part sur ce marché qui a des perspectives énormes.

Le Figaro - Areva est candidat en Chine pour construire des centrales nucléaires de troisième génération, des EPR. C'est un dossier que vous avez abordé pendant votre voyage à Pékin. La France a-t-elle des chances d'emporter ce marché ?

Jacques Chirac - C'est pour la France une décision capitale. Nous avons 20 ans d'expérience avec la Chine dans l'électro-nucléaire. Je souhaite que cette coopération puisse se poursuivre pour ce qui concerne la 3ème génération, c'est-à-dire pour l'EPR. C'est sans aucun doute l'intérêt technique et politique de nos deux pays. C'est ce que j'ai rappelé aux autorités chinoises. Je suis confiant.

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26 octobre 2006

Chirac : l'infatigable VRP de la France

Jacques_Chirac_Chine_2006Quand on aime la France, on sait vendre les produits de son industrie. Ainsi, la visite d'Etat de Jacques Chirac en Chine aura été fructueuse pour les entreprises françaises et européennes au premier rang desquelles Airbus et Alstom.

On a donc appris que Louis Gallois, qui vient de prendre la présidence de l’avionneur européen, a conclu un très beau contrat avec la République de Chine : 150 modèles A320 commandés pour l'Aviation civile chinoise. La conclusion de cette affaire, incertaine jusqu'au dernier moment, s'inscrit dans la volonté du Président Jacques Chirac d'implanter l'industrie française (et européenne en l'occurrence) encore plus chez le géant asiatique. Ce nouveau contrat porte le total des commandes chinoises, depuis un an, à 300 appareils, soit le double de ce que le concurrent américain Boeing a vendu à la Chine au cours de l’année écoulée. Face à un marché chinois en pleine expansion et avec une perspective de multiplier par quatre en vingt ans la flotte civile, Airbus va renforcer ses chances de développement en implantant sa ligne d'assemblage d'A320 à Tianjin.

En ce qui concerne Alstom, une lettre d'intention a été signée portant sur le développement et la fourniture, en partenariat avec le groupe chinois Datong, de 500 locomotives de fret. Alstom a aussi signé un contrat d'une valeur totale de 100 millions d'euros pour fournir à la Chine des équipements hydroélectriques.

Au total, ce sont treize accords de coopération et commerciaux qui ont été signés par les entreprises françaises grâce à l’implication et à la ténacité du Président de la République. Quand on pense que certains veulent escamoter le bilan de Jacques Chirac…

Posté par UMP 24 Excideuil à 23:57 - Président de la République - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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