13 janvier 2007
Hollande - Royal : la Saint-Valentin avant l'heure
Il y a de l’eau dans le gaz dans le couple Hollande – Royal. Alors que François Hollande avait dû monter au créneau, lors de la campagne interne au PS, pour rappeler le dogme socialiste à sa compagne qui prônait un "encadrement militaire" pour les jeunes délinquants, c’est Ségolène Royal qui renvoie, aujourd’hui, son cher François dans les cordes. Et c’est désormais sur le terrain de la fiscalité que le couple diabolique étale ses divergences.
Ainsi, jeudi dernier, le numéro un du PS avait relancé le débat en se prononçant pour des hausses d’impôts pour les contribuables touchant un salaire net mensuel supérieur à 4.000 euros. Le lendemain, à l’occasion des vœux qu’elle a prononcés dans sa région de Poitou-Charentes, la candidate à l’élection présidentielle lui a vertement répondu. "Il n’y aura pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail ou l’effort. Il faudra rééquilibrer la fiscalité, l’alléger sur le travail et peut-être la renforcer sur le capital si l’on veut résorber les déficits. Mais cela se fera sans augmentation des prélèvements obligatoires" a déclaré Ségolène Royal. Elle a d’ailleurs rappelé qu’elle avait mandaté Dominique Strauss-Kahn, son rival malheureux dans la course à l’investiture du parti, pour apporter une contribution à son projet présidentiel sur ce domaine. Elle a toutefois tenté de calmer le jeu : "Tout le monde a la légitimité de s’exprimer. Tous les responsables politiques ont la légitimité pour faire des propositions, donner leur point de vue". Plus précisément interrogée sur le rôle du patron du PS, elle a expliqué : "Il est premier secrétaire du PS il a tout son rôle mais je veux rassembler les compétences au sein du PS et au-delà. J’ai déjà rassemblé à l’extérieur du PS d’autres forces de gauche".
Au delà des "chicaneries" qui éclatent au grand jour entre la candidate et le patron du PS, certains observateurs politiques se demandent déjà si François Hollande n’est pas en train de préparer le coup d’après. Ainsi, tablant sur une défaite de sa compagne à l’élection présidentielle, il souhaiterait, en suivant, une victoire du Parti Socialiste aux législatives de juin 2007… pour pouvoir devenir le Premier Ministre d’une nouvelle cohabitation. C’est quand même beau l’intérêt général vu de la rue de Solférino…
11 janvier 2007
Le soutien d'Alain Juppé à la loupe
Sur son blog-notes, Alain Juppé a publié, le 9 janvier, une contribution dont le titre, "Pourquoi je soutiens Nicolas Sarkozy", nous laisse sur notre faim. Bien entendu, la position de l’ancien Premier Ministre de Jacques Chirac est tout à fait respectable mais, malgré toute l’admiration que nous vouons à Alain Juppé, certains passages de son message nous semblent loin d’être convaincants lorsqu’on les compare avec les propos ou les actes du Président de l’UMP. Aussi, c’est avec beaucoup de déférence que nous relevons quelques incohérences dans ce message de soutien auquel nous nous permettons, en toute amitié, d’ajouter nos propres observations.
(…) J’ai envie d’exprimer moi-même, et d’entendre de la part des candidats, un certain nombre d’idées auxquelles je crois. Et d’abord l’amour de la France. De ce qu’elle est, de ce qu’elle doit demeurer. Je crois à la vertu de fidélité, y compris chez les peuples (côté fidélité, il est vrai que Nicolas Sarkozy a fait ses preuves. Alain Juppé a t-il oublié la campagne présidentielle de 1995 ? Sans parler des incessantes critiques distillées par Nicolas Sarkozy depuis 2002 et visant à la fois le Président de la République et le Gouvernement… auquel il appartient pourtant ?)
Je crois en une France fidèle à elle-même. Fidèle à son histoire, à sa culture, à sa langue, à ses valeurs (…) (la discrimination positive fait elle-partie des valeurs qu’évoque Alain Juppé ?…).
Fidélité de la France encore à sa vocation européenne et internationale : faire entendre une voix libre, qui parle de paix, de coopération, de développement, de justice, de gouvernance mondiale plutôt que de confrontation ou de coercition. (…) (bel hommage à la politique étrangère de la France telle que l’a conduite le Président Chirac depuis son élection et dont le point d’orgue fut certainement l’intervention du Ministre des Affaires Etrangères - … un certain Dominique de Villepin - à l’ONU, le 14 février 2003, défendant, avec courage et conviction, la position française contre l’intervention militaire américaine en Irak).
Voilà quelques-uns des sujets dont j’aimerai voir débattre les candidats à la prochaine élection présidentielle.
Dans ma famille politique, Nicolas Sarkozy s’est déjà exprimé sur certains d’entres eux. J’ai partagé plusieurs de ses analyses ou de ses projets (…) Il lui appartient maintenant de préciser son projet présidentiel, par exemple : sur le fonctionnement de nos institutions (on sait déjà que le futur candidat soutenu par l’UMP souhaite dénaturer la philosophie du régime institutionnel voulu par le Général de Gaulle), sur le nécessaire effort de défense de la France (on se souvient de la confrontation entre Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense, et Nicolas Sarkozy lorsqu’il était Ministre de l’Economie et des Finances, sur les arbitrages budgétaires en faveur des armées… et qui avait valu une mise au point cinglante de la part du Président de la République lors d’une de ses traditionnelles interventions du 14 juillet : "je décide, il exécute") ou sur la spécificité de sa politique étrangère (que Nicolas Sarkozy s’est permis de qualifier "d’attitude arrogante" lors d’un voyage aux Etats-Unis).
Le choix d’un candidat, c’est le choix d’un projet. C’est aussi le choix d’une personne. Je connais bien Nicolas Sarkozy, depuis longtemps. Je connais ses forces et ses faiblesses, comme il connaît les miennes. J’apprécie sa capacité d’agir. Il en a fait la démonstration depuis 2002. C’est un atout majeur pour conduire une grande Nation dans un monde turbulent. Il y faut aussi la capacité de rassembler (recueillir le plébiscite de 300.000 militants n’est certainement pas une preuve de la capacité à rassembler les français dans leur diversité et jeter à la vindicte populaire certaines catégories – les juges, les "patrons voyous", les jeunes, les fonctionnaires – ne correspond pas à l’esprit de responsabilité qui doit prévaloir lorsqu’on veut accéder aux fonctions suprêmes), qui implique le refus de toute forme d’intégrisme (à entendre les commentaires des porte-flingues du Ministre de l’Intérieur, on se demande si ça ne ressemble pas, parfois, à de l’intégrisme), le sens de l’écoute et le respect du point de vue d’autrui (Michèle Alliot-Marie a pu apprécier cette capacité à accepter les divergences de vues lorsqu’elle s’est faite huer par les cadres de l’UMP lors d’un bureau politique ou par les militants sarkozystes au cours d’un forum régional). Nicolas Sarkozy veut et peut rassembler (comme quoi, vouloir n’est pas toujours pouvoir...).
Le temps du débat interne à notre famille politique est maintenant clos (mais ce débat avait-il déjà été ouvert ?). Comme je l’ai affirmé à plusieurs reprises, ces dernières semaines, seul Jacques Chirac, du fait de sa fonction, ne saurait être tenu par des procédures de parti. S’il choisissait d’être candidat, une situation nouvelle serait alors créée, qu’il appartiendrait à chacun d’analyser (Ouf ! Tout n’est donc pas plié. Il existerait donc une vie politique hors de l’UMP. C’est rassurant).
Pour l’heure, l’UMP va se prononcer. Pour ma part, et pour les raisons que je viens de dire, j’ai décidé d’apporter mon soutien à Nicolas Sarkozy.
Alain Juppé – Blog Notes du 9 janvier 2007
09 janvier 2007
Dominique de Villepin inscrit son action dans la durée
A l’occasion des vœux aux Armées, en compagnie de Michèle Alliot-Marie, le Premier Ministre s'est projeté dans l'avenir pour prôner "une politique de l'emploi active" sans "pause, ni retour en arrière" au cours des dix prochaines années et un objectif de 6% pour le taux de chômage. Il faut bien avouer que les résultats engrangés par le Gouvernement au cours des deux dernières années sont de nature à démontrer la capacité du Premier Ministre à gagner la "bataille de l’emploi" qu’il a engagée avec le volontarisme qu’on lui connaît et qu’il mène avec constance et bravoure (Ségolène aurait certainement dit "bravitude"…).
08 janvier 2007
Une alternative pour votre dimanche après-midi
Alors que le 14 janvier prochain, Nicolas Sarkozy sera désigné comme l'heureux gagant de l'Euro-Millions organisé par l'UMP puisqu'il obtiendra le soutien logistique et financier de l'UMP, les Jeunes pour la Vème République ont décidé d'organiser, le même jour à partir de 15 heures, un rassemblement pour réaffirmer leur soutien au Président de la République et au Premier Ministre, Dominique de Villepin. Alors, si vous vous ennuyez Porte de Versailles, n'hésitez pas à faire un saut au Pavillon Baltard.
07 janvier 2007
Dominique de Villepin : loyal jusqu'au bout
Après Jean-Louis Debré, c’est Dominique de Villepin qui a annoncé, ce dimanche, sur Canal Plus, qu’il ne participerait pas au vote interne à l’UMP pour le congrès du 14 janvier prochain. "Je serai présent pour le déjeuner" au congrès UMP, car "c’est un moment de rassemblement pour notre famille politique", a déclaré le Premier Ministre. "Donc je serai présent mais je ne participerai pas au vote car il ne vous a pas échappé que le Président de la République ne s’étant pas prononcé, comme Chef du Gouvernement, je ne suis pas en mesure de participer à ce vote", a-t-il dit. Cette position, comme celle du Président de l’Assemblée Nationale, est à saluer puisqu’elle s’inscrit dans un profond respect de nos institutions et plus particulièrement de la fonction présidentielle que certains n’ont eu de cesse, à travers d’incessantes attaques, de piétiner depuis 2002. Elle démontre aussi l’esprit de loyauté qui habite le Premier Ministre à l’endroit du Président de la République. Et tant pis pour la rupture…
Dominique de Villepin, sur un ton offensif, a aussi profité de cette interview pour conseiller au Président de l'UMP de créer "une dynamique des volontés" derrière lui, comme Jacques Chirac avait su le faire en 1995 en réunissant Alain Juppé, Jean-Louis Debré, Philippe Séguin et Alain Madelin. "Si on veut aligner une famille politique derrière un candidat sous forme de petits pois ou comme des sardines dans une boîte, vous ne gagnez pas comme cela", a averti le Premier Ministre. "Aujourd'hui, c'est vrai que j'estime qu'il y a encore un élan à donner", a poursuivi le Premier ministre, regrettant que des personnalités comme Jean-Louis Borloo ou Michèle Alliot-Marie ne soient pas associées à la campagne de Nicolas Sarkozy.
04 janvier 2007
L'opposition aboie, le Gouvernement agit...
Alors que, sous l’impulsion du Président de la République, le Gouvernement de Dominique de Villepin continue à s’inscrire dans l’action en prenant à bras le corps le dossier du logement pour les plus démunis, on entend les ténors de la gauche bien pensante vociférer (mais savent-ils faire autre chose ?) et critiquer le choix du calendrier législatif. Le premier Secrétaire du PS en tête. Pourtant, c’est dans un article intitulé "Le programme PS, plutôt vide sur le logement" que le quotidien Libération (que l’on peut difficilement soupçonner de villepinisme forcené) donne le coup de pied de l’âne à une opposition définitivement décrédibilisée. Voyez plutôt : "La gauche a-t-elle vraiment pris la mesure de la crise du logement ? On est tenté de répondre non si l'on se fie au projet du PS, intitulé «Réussir ensemble le changement». Dans ce document rédigé pour la présidentielle, la question de l'habitat est expédiée en une trentaine de lignes dans un sous-chapitre consacré à la solidarité. Ce propos a beau être très synthétique, il abrite quand même une petite perle. Ainsi le projet socialiste prévoit-il de demander «dès le début de la législature, au Conseil économique et social, un rapport sur la mise en oeuvre du droit opposable au logement». Bonne idée ! qui oublie que le CES a déjà rédigé un rapport sur ce sujet en 2004 et qu'il avait invité, dès cette époque, le législateur à s'emparer de cette question urgente! Depuis sont même venus s'ajouter deux autres rapports du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées et une plateforme sur l'opposabilité élaborée, elle, par les grandes associations de lutte contre les exclusions (ATD Quart Monde, Secours catholique, Fondation Abbé Pierre...)".
03 janvier 2007
Suivez mon regard...
A l’occasion de la cérémonie des vœux du Gouvernement, Jacques Chirac a appelé les ministres à ne pas délaisser leur action gouvernementale au profit de la campagne électorale. Une mise en garde implicite au Ministre de l'Intérieur. Il a demandé à nouveau au gouvernement une "mobilisation totale" pour la sécurité, contre le chômage et "pour aider les plus démunis", les incitant à avancer rapidement pour améliorer le droit au logement. Par ailleurs, le Président de la République a implicitement mis en garde Nicolas Sarkozy, qui a fait de la "rupture" son argument de campagne, en dénonçant "la tentation de la table-rase" et en plaidant pour "le respect du travail accompli". "Vous aurez certainement à coeur de prendre part au débat national qui s'annonce. Il est légitime que vous puissiez le faire, et nos concitoyens seront attentifs à l'expression de votre engagement et de vos convictions", a dit le Chef de l’Etat lors du premier Conseil des Ministres de l'année. "Mais il vous faudra le faire dans le cadre d'un principe clair: cet engagement dans le débat électoral ne saurait en aucun cas s'exercer au détriment de votre mission gouvernementale", a-t-il ajouté.
Le premier ministre Dominique de Villepin a enfoncé le clou en soulignant le "devoir d'action" et de "vérité" qui incombe au Gouvernement. Jacques Chirac a aussi prévenu qu'il comptait, "en liberté et en responsabilité", s'exprimer avant les élections pour "fixer les enjeux et éclairer le choix des Français", comme il l'avait fait dans ses vœux le 31 décembre dernier.
01 janvier 2007
Bonne année
Les Voeux du Président de la République
Palais de l'Élysée, Paris, le dimanche 31 décembre 2006
Mes Chers Compatriotes de métropole, d'outre-mer, de l'étranger,
A la veille de l'année 2007, qui sera particulièrement importante pour l'avenir de notre pays, j'adresse, du fond du cœur, à chacune et à chacun d'entre vous mes vœux les plus chaleureux. Et je pense d'abord à toutes celles et à tous ceux qui sont victimes de la solitude, de la maladie, de la détresse.
Je veux aussi saluer avec respect et reconnaissance nos soldats qui défendent, partout dans le monde, la paix et les valeurs de la France.
Ensemble, depuis que j'ai l'honneur de vous servir et de vous représenter, nous vivons des changements considérables. Une économie mondiale en pleine expansion. Une concurrence de plus en plus vive mais qui nous ouvre aussi des opportunités nouvelles. La révolution de l'Internet, qui transforme notre façon de communiquer, de travailler, de vivre en société. Un monde où la surexploitation des ressources naturelles dérègle le climat et mettra en danger l'humanité, si nous ne réagissons pas dès maintenant. Un monde qui n'a jamais été aussi riche et aussi pauvre à la fois. Un monde marqué par le 11 Septembre, le terrorisme, la guerre en Irak, la crise au Proche-Orient, la tentation absurde et irresponsable du choc des civilisations et des cultures.
Parce que j'aime passionnément la France, je me bats pour qu'elle prenne toute sa place dans ce nouveau monde tout en restant fidèle à elle-même. Je me bats pour que chaque Français, pour que chaque jeune en particulier, ait sa chance, où qu'il vive et quelles que soient ses origines.
Bien sûr, je voudrais que les choses avancent plus vite, et qu'elles avancent mieux pour chacun d'entre vous. Mais grâce à votre talent, grâce à votre travail, la France s'affirme. Avec l'action résolue du Premier ministre et de son gouvernement, le chômage baisse fortement : déjà 360 000 chômeurs de moins. La croissance est là et elle est solide. Nos retraites, notre sécurité sociale se réforment et c'est la garantie de leur avenir. Le nombre de logements sociaux nouveaux chaque année a doublé depuis 2002. Nos regards et nos comportements évoluent heureusement vis-à-vis des personnes handicapées, des victimes du cancer, des victimes de la violence routière. Grâce à votre mobilisation, près de 9 000 vies ont été sauvées sur les routes de France.
D'ici aux élections, j'aurai une double exigence : que le Gouvernement soit au travail, à votre service, pour la sécurité, pour l'emploi, pour le pouvoir d'achat et que ces mois soient aussi des moments de débats ouverts, démocratiques et responsables et je m'y engagerai pleinement. Je voudrais vous dire ce soir quels en sont, à mes yeux, les enjeux majeurs.
Le premier, c'est l'unité et le rassemblement autour des valeurs qui font la France : la liberté, l'humanisme, le respect, et notamment le respect de la diversité et des différences, la laïcité, le combat contre le racisme, l'antisémitisme, le communautarisme. N'écoutez pas les apprentis sorciers de l'extrémisme. La France est forte, la France est belle quand elle sait, tout à la fois, faire respecter ses règles et tendre la main.
Le deuxième enjeu, c'est évidemment le progrès économique et social. Je sais les souffrances et les difficultés auxquelles certains d'entre vous sont confrontés. Je connais vos attentes pour ce qui concerne les salaires et le pouvoir d'achat, c'est-à-dire la juste récompense de votre travail. Mais gardez-vous cependant des idéologies, des illusions, du retour aux recettes qui ne marchent pas. C'est le travail, c'est la formation, c'est la recherche qui font la force des économies modernes. En donnant toute sa place au dialogue social, des réformes importantes sont devant nous : pour aller beaucoup plus loin dans la baisse du chômage, pour faire de la participation un véritable projet de société, pour donner plus de puissance à nos entreprises, pour mettre en place un véritable droit au logement opposable, c'est-à-dire faire du droit au logement une réalité. Et je demande au Gouvernement d'avancer sur ce point dans les toutes prochaines semaines.
Le troisième enjeu, c'est de bien mesurer que la France a des responsabilités particulières dans le monde. La vocation de la France et son honneur, c'est d'affirmer sa voix avec force et avec indépendance pour la paix et pour la justice. C'est aussi son intérêt. Ainsi, agir comme nous le faisons, pour le développement des pays les plus pauvres, c'est, bien sûr, répondre à une exigence morale essentielle. Mais c'est également prévenir l'afflux à nos frontières de tous ceux qui quittent leur pays parce qu'ils n'ont plus d'espoir.
Le quatrième enjeu, c'est l'Europe. Depuis un an et demi, nous avons choisi de faire progresser l'Europe des projets : la recherche, l'énergie, la sécurité, l'immigration. N'oublions jamais que l'Europe, c'est la garantie de la paix et de la démocratie sur notre continent. C'est donc notre avenir. Le 50e anniversaire du Traité de Rome, le 25 mars prochain, nous offre l'occasion de donner un nouveau souffle à la construction européenne : pour une Europe politique, pour une Europe de l'ambition économique et du progrès social, pour une Europe qui nous protège. La France y prendra naturellement toute sa part.
Enfin, il y a l'enjeu écologique. C'est un enjeu immédiat. Un enjeu politique. La France est le premier pays au monde à avoir inscrit en 2005 une Charte de l'environnement dans sa Constitution. En février, elle accueillera une conférence internationale pour accélérer la marche vers une Organisation Mondiale de l'Environnement. Mais c'est aussi chez nous que ce combat se gagne, par le changement en profondeur de nos comportements et de nos politiques. C'est une exigence et c'est une chance. Avec la nécessité d'inventer une économie respectueuse de l'environnement, c'est une nouvelle révolution industrielle qui est devant nous, celle du développement durable. Elle sera source de croissance et d'emplois et la France a tous les atouts pour en être le champion.
Mes Chers Compatriotes,
Oui, nous pouvons être fiers d'être Français ! Poursuivons notre effort de modernisation. Ne cherchons pas à imiter. Soyons nous-mêmes. Au printemps prochain, vous aurez à faire des choix décisifs. Faites vivre intensément vos convictions. Vous êtes le peuple souverain. La France a besoin de chacune et de chacun d'entre vous. Elle compte sur vous.
Vive la République ! Vive la France !
31 décembre 2006
En attendant les voeux présidentiels
A quelques heures de la traditionnelle intervention du Président de la République qui prononcera, ce soir, ses vœux aux Français, et ce, pour la dernière fois de son mandat actuel (ne présageons pas de l’avenir…), nous souhaitions revenir sur l’actualité politique des dernières semaines… et de celles à venir. Concernant la désignation du candidat officiel de l’UMP programmée pour le 14 janvier prochain, il est bien évident (depuis longtemps…) qu’aucun suspens n’entoure aujourd’hui cette parodie de démocratie interne. L’analyse faite par Michèle Alliot-Marie est juste et pleine de bon sens : l’UMP et les nouvelles adhésions qui ont été enregistrées au cours des derniers mois ont transformé le parti en une machine de guerre à la botte d’un seul et unique homme : Nicolas Sarkozy. Il faut en prendre acte et il est donc inutile de se compromettre dans une confrontation interne cousue de fils blancs qui, comme l’a rappelé MAM, n’a pour seul but d’obtenir le soutien logistique et financier du parti. Les Sarkozystes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en appelant de leurs vœux une candidature interne du Ministre de la Défense. Compte tenu du résultat écrit d’avance dans une telle configuration, Michèle Alliot-Marie aurait servie de caution morale au principe de démocratie interne en offrant une candidature concurrente à celle du Président de l’UMP. En outre, nous en revenons (enfin !…) à une vision gaullienne que nous avons déjà rappelée plusieurs fois sur ce blog sans avoir besoin de la développer à nouveau. Un seul regret : mais qu’est allée faire Michèle Alliot-Marie dans les forums régionaux organisés par l’UMP ? Elle aurait dû, dès l’origine, inscrire sa démarche en dehors du parti afin de donner plus de crédit à sa démarche.
Restent trois questions fondamentales dont les réponses auront un incidence essentielle sur la suite des évènements.
Dans l’ordre chronologique des réponses attendues, c’est la décision de Michèle Alliot-Marie qui doit se prononcer avant le 14 janvier 2007, quant à la confirmation de sa candidature à l’élection présidentielle ou l’abandon de son ambition élyséenne. C’est bien sûr une décision lourde dont on peut penser, si elle devait se concrétiser, qu’elle serait annoncée avec l’aval officieux du Président de la République.
La seconde question, qui est d’ailleurs celle qui conditionne tout le jeu politique du début de la campagne officielle, repose sur la décision que prendra le Chef de l’Etat concernant une nouvelle candidature à la Présidence de la République. Bien sûr, certains vont déjà dégainé l’argument de "l’âge du capitaine" en oubliant que François Mitterrand avait 72 ans en 1988, lorsqu’il s’est représenté devant les français… pour un bail de 7 ans supplémentaires. Aussi, même si cette hypothèse n’est pas aujourd’hui celle qui est privilégiée par les observateurs politiques, personne ne peut dire quelle sera la situation du pays dans trois mois et quel rôle pourra être amené à jouer Jacques Chirac à ce moment là.
Enfin, la dernière question, qui ne pourra être solutionnée qu’après l’annonce de la décision du Chef de l’Etat, c’est la position de Dominique de Villepin face à sa propre candidature qui s’inscrirait, logiquement (et légitimement… ), dans la continuité de l’action menée depuis juin 2005 à la tête du Gouvernement. S’il advenait que Michèle Alliot-Marie annonce son renoncement au cours de la première quinzaine de janvier 2007 et que Jacques Chirac ne brigue pas un troisième mandat, Dominique de Villepin apparaîtrait, alors, comme le seul recours de tous ceux qui appellent de leurs vœux une candidature plus en phase avec les valeurs de loyauté et de responsabilité qui nous ont si souvent réuni dans l’action militante.
A n’en pas douter, cet appel à d’autres candidatures que celle déjà annoncée de Nicolas Sarkozy va encore engendrer le courroux des militants sarkozystes qui ne peuvent supporter, qu’en dehors de leur champion, une autre personnalité issue de notre famille politique ait une quelconque légitimité pour se présenter devant le peuple. Après les nombreux ralliements enregistrés par Nicolas Sarkozy au cours des dernières semaines, ce billet sera, encore une fois, stigmatisé comme un appel à la division et, par conséquent, comme une menace pour les chances de victoire en 2007. Pourtant, nous sommes nombreux à continuer à penser, à droite, que Nicolas Sarkozy n’offre pas les qualités de rassemblement qui lui permettraient de battre la candidate socialiste lors du second tour de scrutin. Et le résultat du scrutin n’est pas entre les seules mains des militants, il appartient au peuple français tout entier.

