24 mars 2007

La gauche la plus bête d'Europe

hollande_bonnet_aneOn se souvient de ce slogan des années 80 qui avait pour but de stigmatiser l’action du RPR, à l’époque, et qui dénonçait "la droite la plus bête du Monde". Comme d’habitude, venant de la gauche et de pseudo-intellectuels du même bord, cette attaque était alimentée par de basses manœuvres politiciennes et se réduisait seulement à une opération marketing sans fondement. Aujourd’hui, on peut dire qu’avec le Parti Socialiste et ses alliés, nous possédons, en France, la gauche la plus bête d’Europe, sinon la plus irresponsable. Et je le prouve.

Au delà des atermoiements de campagne de Ségolène Royale qui, un jour en appelle au soutien des éléphants des militants du PS ("je sais ce que je vous dois"), et le lendemain affirme avec aplomb son émancipation de ce même parti, c’est la récente arrestation de Cesare Battisti qui a déclenché un polémique stérile. Mais cette affaire est particulièrement révélatrice des contradictions et de la capacité du Parti Socialiste à proférer des vérités à géométrie variable.

En préambule, quelques points de repère sur le parcours de Cesare Battisti. Il avait été accueilli en France à partir des années 1990 alors qu’il était condamné à la prison à vie pour avoir assassiné le surveillant de prison Antonio Santoro et l'agent de police Andrea Campagna. Il a été également jugé complice de l'assassinat de deux commerçants, Lino Sabbadin, boucher, et Pierluigi Torregiani, bijoutier, dont l'un des enfants a été victime d'une balle perdue et est devenu paraplégique. Avant d’être gardien d’immeuble et écrivain, Cesare Battisti avait été membre du groupuscule Prolétaires armés pour le communisme (PAC) et avait choisi la lutte armée durant les années dites « de plomb » en Italie. Il avait été arrêté une première fois en juin 1979, avant de s'évader de prison. Il a ensuite été condamné, par une série d'arrêts rendus entre 1990 et 1993, pour deux homicides et pour complicité dans deux autres. Contrairement à ce qui a été si souvent affirmé, ce n’est pas par contumace que ces jugements ont été rendus mais en l’absence volontaire de l’accusé et en présence de son avocat. Il s’agissait donc bien de jugements contradictoires. L’Italie ayant demandé, en 2004, l’extradition de Cesare Battisti, Jacques Chirac avait donné son accord (contrairement à ce qu’avait fait François Mitterrand) pour mettre en œuvre cette procédure. S’en est immédiatement suivi l’exil et l’entrée dans la clandestinité de Monsieur Battisti. Or, avec l’aide de la Police Française, Cesare Battisti, qui s’était réfugié en Amérique Latine, a été arrêté le 18 mars au Brésil.

Je ne m’étendrai pas sur l’exploitation de cette actualité dans la campagne présidentielle, certains, à gauche, voulant voir dans cette arrestation "un coup politique" ayant pour but de servir les intérêts du Ministre candidat Sarkozy. Comme d’habitude, il s’agit là, d’agitations politiciennes auxquelles je répondrai que nos services de Police ne sont pas au service de Nicolas Sarkozy mais au service de la France et leur travail devrait plutôt être salué par ceux qui aspirent à gouverner le pays plutôt que vilipendé. Mais au delà de cette guerre des petites phrases assassines, je préfère relever deux contradictions qui démontrent l’irresponsabilité de la gauche bien pensante.

JusticePremièrement, quelle peut être la crédibilité de responsables politiques qui un jour, devant les caméras, demandent à ce que la justice puisse poursuivre son action à l’encontre de Jacques Chirac après son départ de l’Elysée, pour une soi disant affaire d’emplois fictifs à la Mairie de Paris, alors que dans l’affaire Battisti, qui porte sur des crimes de sang, il faudrait passer l’éponge. Même les leaders de la gauche italienne ne comprennent pas la position de leurs homologues français et dénoncent cette imposture.

Deuxièmement, comment les socialistes français, qui a grands renforts d’envolées lyriques, en appellent à un sursaut de la construction européenne, peuvent-ils, à ce point, mépriser la justice et le parlement d’un pays membre de la communauté européenne, en l’occurrence l’Italie. La non ingérence des politiques dans les affaires de justice, qu’ils prônent à tout bout de champ, quand il s’agit de leur projet présidentiel, ne vaudrait donc plus lorsqu’il s’agit d’une procédure initiée par un autre pays ? Cette incursion du Parti Socialiste est-il vraiment le moyen le plus pertinent de relancer la coopération des nations européennes ?

Alors à la veille d’une élection cruciale pour l’avenir de notre pays, j’aurais aimé que la gauche réponde à cette simple question : si elle arrivait au pouvoir, accepterait-elle qu’un pays ami héberge, par exemple, un ancien terroriste basque qui a du sang français sur les mains ? Accepterait-elle que l’Italie, ou tout autre pays, protège l’assassin présumé du préfet Erignac s’il venait à s’évader de prison ? J’ose espérer que la réponse serait négative mais, par la posture qu’elle affiche aujourd’hui dans l’affaire Battisti, l’opposition mérite vraiment d’être qualifiée de "gauche la plus bête d’Europe".

Posté par No Rupture à 10:06 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

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