No rupture

Le blog qui milite pour une véritable majorité présidentielle autour de Jacques Chirac et du Gouvernement de Dominique de Villepin.

19 mars 2007

Sarkozy : un choix sans enthousiasme mais politiquement responsable

Comme le laissaient présager mes deux précédents billets, mon suffrage ira au candidat de l’UMP pour l’élection présidentielle. Voter pour Nicolas Sarkozy était loin d’être une évidence pour moi tant son comportement, ainsi que celui de sa garde rapprochée, m’a profondément agacé au cours des derniers mois (et je ne parlerai pas de la trahison de 1995). Ce blog est d’ailleurs né pour affirmer, qu’au sein de l’UMP, il existait encore une base chiraquienne qui était fière du chemin parcouru, qui soutenait l’action gouvernementale et restait fidèle au Chef de l’Etat. A la lecture des billets que j’ai publiés depuis le 21 octobre dernier, chacun comprendra que mon choix pour cette élection présidentielle est celui de la raison et non celui du cœur.

Villepin_Chirac_SarkozyComme beaucoup de mes amis chiraquiens, j’aurais aimé m’engager pleinement dans la campagne électorale auprès d’hommes politiques d’une autre envergure comme Alain Juppé ou Dominique de Villepin. Concernant ce dernier, j’ai d’ailleurs longtemps espéré qu’une fenêtre de tir s’ouvre pour lui permettre de sauter le pas et d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle. Malheureusement, les circonstances qui auraient pu légitimer une telle démarche, sans faire apparaître le Premier Ministre comme le diviseur de sa famille politique, ne se sont jamais concrétisées. Je le regrette profondément. Tout comme je regrette que nos députés aient trop vite perdu de vue l’intérêt général, qui aurait dû les conduire à plus de solidarité derrière Dominique de Villepin, au profit d’une motivation plus personnelle liée à leur future réélection ou à leur quête d’un maroquin ministériel dans un prochain gouvernement. Et pour ce faire, ils ont choisi de rallier celui qui apparaissait en pointe dans les sondages, préférant aller à la soupe plutôt que de défendre le bilan d’un quinquennat qu’ils ont, pour l’essentiel, contribué à façonner en votant tous les textes présentés par le Gouvernement. Quant à une nouvelle candidature de Jacques Chirac, il faut bien avouer que cette hypothèse n’aurait pas été sans danger pour le Président de la République qui courrait, alors, le risque non négligeable d’une sortie par la petite porte ("à la Giscard", auraient dit certains).

Bien entendu, je ne retire rien de ce que j’ai pu écrire jusqu’à ce jour. Je n’ai pas aimé les critiques lancées sur le sol américain sur la soit disant arrogance de la France. Je n’ai pas aimé les sifflets qui ont accompagné la prise de parole de Michèle Alliot-Marie lors d’une convention des cadres de l’UMP. Je n’ai pas aimé que, lors du meeting de Périgueux en octobre dernier, le nom du Premier Ministre ait été conspué par une minorité de militants irresponsables. Je n’ai pas aimé la rhétorique de la "rupture", fusse t-elle "tranquille", venant de la part d’un Ministre du Gouvernement, et qui plus, arborant le rang de Ministre d’Etat. Je n’ai pas aimé que l’action gouvernementale soit si souvent critiquée au sein même de l'UMP même si, depuis l’allocution télévisée du Président de la République, le candidat Sarkozy a mis de l’eau dans son vin en affirmant (enfin !…) assumer le bilan et la part d’héritage de Jacques Chirac. Seul ce pauvre François Fillon reste arc-bouté sur des considérations hostiles qui sont bizarrement apparues au lendemain de sa sortie de l’équipe ministérielle (y aurait-il un lien de cause à effet ?). Si la page doit être tournée, il n’est nul besoin de la déchirer. Plus proche de l’actualité, la proposition de créer un grand "Ministère de l’immigration et de l’identité nationale" me laisse perplexe. Ce domaine devrait, à mon sens, rester une compétence du Ministère de l’Intérieur sans qu’il soit besoin de créer un nouveau portefeuille ministériel de plein exercice.

Villepin_SarkozyMais les cartes sont désormais abattues et, en politique, il est des moments où la responsabilité du militant (et de l’électeur) doit peser plus que les ressentiments personnels envers le seul candidat issu de son camp. Depuis 1987, j’ai adhéré, sans discontinuer, au RPR puis à l’UMP. C’est ma famille politique et même s’il m’est arrivé d’en contester certaines orientations, elle constitue le point de repère de mon engagement militant et une communion de valeurs dont je ne peux me résoudre à m’éloigner. C’est pourquoi, sans enthousiasme, mais avec le sens de la responsabilité politique, je voterai pour Nicolas Sarkozy dès le premier tour de l’élection présidentielle. Je constate, d'ailleurs, que c'est ce même choix qu'a désormais rendu public le Premier Ministre et l'on peut s'attendre, dans les jours qui viennent, à une démarche similaire de la part du Président de la République. Et s’il est élu le 6 mai prochain, j’espère que Nicolas Sarkozy saura habiter la fonction présidentielle avec autant de talents et de grandeur que l’aura fait, durant douze ans, un certain… Jacques Chirac.

Posté par No Rupture à 00:01 - Présidentielle 2007 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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