13 janvier 2007
Hollande - Royal : la Saint-Valentin avant l'heure
Il y a de l’eau dans le gaz dans le couple Hollande – Royal. Alors que François Hollande avait dû monter au créneau, lors de la campagne interne au PS, pour rappeler le dogme socialiste à sa compagne qui prônait un "encadrement militaire" pour les jeunes délinquants, c’est Ségolène Royal qui renvoie, aujourd’hui, son cher François dans les cordes. Et c’est désormais sur le terrain de la fiscalité que le couple diabolique étale ses divergences.
Ainsi, jeudi dernier, le numéro un du PS avait relancé le débat en se prononçant pour des hausses d’impôts pour les contribuables touchant un salaire net mensuel supérieur à 4.000 euros. Le lendemain, à l’occasion des vœux qu’elle a prononcés dans sa région de Poitou-Charentes, la candidate à l’élection présidentielle lui a vertement répondu. "Il n’y aura pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail ou l’effort. Il faudra rééquilibrer la fiscalité, l’alléger sur le travail et peut-être la renforcer sur le capital si l’on veut résorber les déficits. Mais cela se fera sans augmentation des prélèvements obligatoires" a déclaré Ségolène Royal. Elle a d’ailleurs rappelé qu’elle avait mandaté Dominique Strauss-Kahn, son rival malheureux dans la course à l’investiture du parti, pour apporter une contribution à son projet présidentiel sur ce domaine. Elle a toutefois tenté de calmer le jeu : "Tout le monde a la légitimité de s’exprimer. Tous les responsables politiques ont la légitimité pour faire des propositions, donner leur point de vue". Plus précisément interrogée sur le rôle du patron du PS, elle a expliqué : "Il est premier secrétaire du PS il a tout son rôle mais je veux rassembler les compétences au sein du PS et au-delà. J’ai déjà rassemblé à l’extérieur du PS d’autres forces de gauche".
Au delà des "chicaneries" qui éclatent au grand jour entre la candidate et le patron du PS, certains observateurs politiques se demandent déjà si François Hollande n’est pas en train de préparer le coup d’après. Ainsi, tablant sur une défaite de sa compagne à l’élection présidentielle, il souhaiterait, en suivant, une victoire du Parti Socialiste aux législatives de juin 2007… pour pouvoir devenir le Premier Ministre d’une nouvelle cohabitation. C’est quand même beau l’intérêt général vu de la rue de Solférino…