19 novembre 2006
Le double effet Kiss Cool de la rupture
Depuis que les militants socialistes ont désigné, dès le premier tour de leur consultation interne, Ségolène Royal pour les représenter à l’élection présidentielle de 2007, on note une certaine fébrilité au sein l’entourage du Président de l’UMP. Ainsi, de Patrick Devedjian à Dominique Paillé, les commentaires qui ont suivi la mise en orbite de Ségolène ont du mal à masquer une inquiétude naissante. Serait-ce la crédibilité et les compétences de la candidate socialiste qui effraieraient désormais les affidés de Nicolas Sarkozy ? Non, il y a peu de chances puisque entre le manque de stature présidentielle de l’une et l’arrogance habituellement développée par les autres, une telle hypothèse peut d’ores et déjà être écartée. C’est plutôt l’ampleur de l’effet Ségolène qui inquiète aujourd’hui l’UMP et fait réfléchir les lieutenants du Ministre de l’Intérieur. En effet, à force de prôner la rupture au point d’en faire un leitmotiv de campagne, Nicolas Sarkozy vient de se faire doubler par celle qui, sur ce thème, offre des atouts plus convaincants aux yeux des français :
c’est la première femme mise en situation d’accéder à la fonction suprême,
ses prises de positions sont iconoclastes au sein de son propre parti et elle n’hésite pas à bousculer les éléphants pendant qu’à l’UMP on procède au verrouillage des voix discordantes,
elle n’a pas à justifier (comme certains…) la position inconfortable de ceux qui ne cessent de devoir jongler, plus ou moins habilement, entre leur participation au Gouvernement (mais que voulez- vous, il paraît que Cécilia adore les appartements de la place Bauveau) et la thématique de rupture qu’il mettent en avant dans tous leurs discours.
Ainsi, en s’enfermant délibérément dans la thématique de la rupture, Nicolas Sarkozy s’est tiré une balle dans chaque pied : une dans le pied droit en prenant à rebrousse-poils les chiraquiens qu’il n’a cessé d’humilier depuis 2002, une seconde dans le pied gauche en offrant à la candidate du PS le socle du piédestal sur lequel l’ont désormais installée les études d’opinion.
Quand le débat s'organise sur la toile
En écho au billet publié avant hier, "Quand la politique du mépris prime sur le sens du débat", de nombreux autres articles ont été diffusés sur les blogs chiraquiens "canal historique" (entendez, ceux qui continuent à soutenir l’action du Président de la République et du Gouvernement contre les tenants de la rupture). Sans établir une liste exhaustive de ces prises de positions, signalons deux articles plus que pertinents.
Honneur aux dames, avec le blog de Diane, La plume et l’épée, dont les billets sont toujours un régal pour tous ceux dont le niveau de réflexion dépasse le degré zéro de l’enrôlement sarkozyste. Ainsi, dans son billet d’hier, "Quand il est question de débattre", Diane rebondit sur un article du Figaro pour s’interroger sur la tactique adoptée par la direction de l’UMP visant à museler le débat interne et à stigmatiser tous ceux qui ont l’outrecuidance de s’écarter de la ligne imposée par le Président du Mouvement.
Autre ardent défenseur du débat démocratique au sein du parti majoritaire et initiateur de la fédération des "blogs chiraquiens", Christophe Carigno met lui aussi le doigt sur l’incohérence de la folle stratégie dans laquelle est entraînée l’UMP par ceux qui veulent transformer le parti en une simple machine à promouvoir et financer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, et ce, avant même que celui-ci n’ait reçu l’adoubement officiel des militants (même si les méthodes de recrutement des nouveaux adhérents laissent supposer que toute autre candidature interne aura du mal à percer).
Des blogs à visiter de toute urgence et régulièrement… sauf si la sarkomania a déjà irrémédiablement figé vos neurones.