05 novembre 2006
Alain Juppé prend ses distances avec la discrimination positive
Ce sont nos amis de "L'Allier avec Villepin" qui ont livré ce scoop, hier, sur leur blog http://villepin-allier.over-blog.com/ . Après Michèle Alliot-Marie qui a récemment dit son opposiiton à toute idée de discrimination positive lors de son discours à la Grande Mosquée de Paris, c'est au tour d'Alain Juppé d'évoquer ce thème. Ainsi, dans son livre à paraître demain, lundi 6 novembre, aux éditions Robert Laffont, et intitulé France, mon pays, lettres d’un voyageur, l'ancien Premier Ministre prend position contre la discrimination positive.
Extraits : "J’avoue que l’expression « discrimination positive » me hérisse le poil ! Quelle idée d’associer l’épithète « positive » à un nom qui a, en lui-même, une signification négative ! Mais allons au-delà des apparences. De quoi s’agit-il ? Si l’on veut dire par là qu’il faut faire plus pour ceux qui ont moins, je suis d’accord. Et les exemples abondent de mesures qui s’inspirent de ce principe : par exemple, les ZEP (zones d’éducation prioritaire) ou les ZFU (zones franches urbaines). Mais, chaque fois, les critères retenus sont objectifs ou factuels : le taux de chômage, le retard scolaire, le revenu moyen, etc... Avec la discrimination positive à l’anglo-saxonne, on passe à tout autre chose : par exemple, dans chaque promotion de préfets, retenir un quota de hauts fonctionnaires musulmans. J’avoue que cette rupture ne m’enthousiasme guère. D’abord, c’est une remise en cause de valeurs républicaines fondamentales. Comment, par exemple, va-t-on définir les minorités qui bénéficieront de telles mesures ? Sur un critère ethnique ou religieux ? La communauté musulmane ? La communauté noire ? Qui ne voit le risque d’une telle segmentation du corps social français, si profondément étrangère à toutes nos traditions ? Et le risque de juxtaposer, en France, des communautés ethniques et religieuses n’est-il pas encore accru par la fragilité actuelle de notre société, qui a plus besoin de se rassembler que de se séparer ? Deuxième objection, plus pragmatique celle-là : est-ce que le modèle communautariste donne vraiment de meilleurs résultats dans les pays où il est dominant (…)".
Quand on sait que le l'idée même de discrimination positive est un thème développé et défendu par le Président de l'UMP, la prise de position d'Alain Juppé marque, au delà de ses affinités personnelles avec tel ou tel candidat potentiel, une nouvelle et réelle fracture entre deux visions de la société française.